mardi 17 octobre 2017

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Accord sur le financement de Galileo

Reuters

samedi 24 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les pays de l’Union européenne sont parvenus vendredi soir à un accord sur le financement du projet Galileo de positionnement par satellite, appelé à rivaliser avec le GPS américain, a annoncé un porte-parole de la présidence portugaise.

Il a expliqué que les ministres du Budget étaient convenus de financer les 2,4 milliards d’euros manquants en redéployant des enveloppes non dépensées initialement destinées aux subventions agricoles et à des projets de compétitivité.

"Nous avons un accord. Tout l’argent provient de fonds inutilisés, notamment de l’agriculture", a-t-il déclaré.

Un diplomate de l’UE a indiqué que l’Allemagne, premier contributeur net du bloc, avait voté contre l’accord mais que ce dernier avait été adopté à la majorité.

Le porte-parole de la présidence a confirmé que la décision n’avait pas été unanime, sans préciser qui avait voté contre.

Le consortium privé qui avait été choisi a renoncé à participer au financement de l’infrastructure de 30 satellites, pour laquelle il manque 2,4 milliards d’euros.

La Commission européenne, appuyée par la plupart des Etats membres et le Parlement européen, a proposé que le budget européen prenne le relais en consacrant à Galileo les fonds, essentiellement agricoles, qui n’ont pas été utilisés grâce à la bonne tenue des cours mondiaux des céréales.

Mais l’Allemagne ne veut pas de cette manipulation et estime que les fonds qui ne sont pas dépensés doivent revenir dans ses coffres, soit 500 millions d’euros rien que pour elle en 2007.

Les diplomates travaillent donc à la rédaction d’une déclaration stipulant qu’il s’agit d’une opération unique que le Parlement européen ne pourra pas invoquer dans l’avenir pour obtenir plus d’argent pour telle ou telle politique.

PARTAGE DU GÂTEAU

Berlin craint que ses entreprises, essentiellement des entités moyennes sur ce marché, n’obtiennent pas leur part du gâteau dans les appels d’offre et soupçonne la France de vouloir rafler la mise grâce à ses géants du secteur.

L’Allemagne propose donc de procéder au financement des satellites de Galileo par des contributions nationales à l’Agence spatiale européenne (ESA), ce qui garantirait un meilleur "retour" automatique aux entreprises allemandes.

Aucun autre Etat membre ne veut de cette solution qui obligerait les capitales à de longues tractations et la Commission a formalisé cette semaine une alternative qui permettrait de garantir le partage du gâteau.

Jacques Barrot, commissaire européen aux Transports, a proposé de le diviser en six lots et aucune entreprise ne pourrait être chef de file dans plus de deux lots.

"Pour le moment, aucun Etat membre n’a manifesté une quelconque opposition (...) Nous sommes donc convaincus qu’une solution peut être trouvée dans ce cadre", a déclaré à la presse Michel Cercone, porte-parole de Barrot, ajoutant que la Commission chercherait à obtenir un accord définitif le 29 novembre, à l’occasion du conseil des ministres des Transports.

Le consortium défaillant mais qui assurera cette exploitation est composé de grands groupes industriels : le géant de l’aérospatiale EADS (EAD.PA), les français Thales (TCFP.PA) et Alcatel-Lucent (ALUA.PA), le britannique Inmarsat (ISAT.L), l’italien Finmeccanica (SIFI.MI), les espagnols AENA et Hispasat et le duo allemand Deutsche Telekom (DTEGn.DE).

Beaucoup plus précis que le GPS, Galileo devrait avoir de multiples applications dans des domaines aussi variés que l’agriculture, les transports, l’environnement et la pêche.


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