mercredi 18 octobre 2017

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Sommet franco-italien : réconciliation sur l’énergie et coopération dans la défense

Philippe Alfroy et Etienne Fontaine, AFP

vendredi 30 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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La France et l’Italie ont profité vendredi de leur premier sommet depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence pour faire la paix dans le secteur de l’énergie et renforcer la coopération entre leurs groupes d’électronique de défense Thales et Finmeccanica.

Après deux ans et demi de blocage, EDF et Enel ont trouvé un terrain d’accord sur la participation du numéro un italien de l’électricité au programme nucléaire de troisième génération EPR d’EDF.

Il s’agit "de la paix énergétique" entre les deux pays, a dit le chef du gouvernement italien Romano Prodi. "Nous sommes très heureux d’accueillir Enel sur le territoire français et EDF est très heureux de pouvoir travailler sur le territoire italien", a dit M. Sarkozy.

Les frictions entre les deux pays étaient nées du refus français de laisser Enel lancer une offensive sur Suez et des obstacles rencontrés par EDF pour se développer en Italie où il contrôle Edison, numéro deux de l’électricité.

Grâce à l’accord paraphé vendredi, Enel va prendre une participation de 12,5% dans la centrale EPR en cours de construction à Flamanville (nord-ouest de la France), qui doit entrer en service entre 2010 et 2012, et une option pour accéder aux cinq centrales EPR suivantes d’EDF.

Au total, le groupe italien va investir environ 2 milliards d’euros dans le programme nucléaire français qui doit s’échelonner jusqu’en 2023, selon des sources industrielles italiennes.

Le groupe italien va aussi participer à la construction et utiliser les deux centrales à cycle combiné gaz, pour une participation comprise entre 30% et 40%, qui doivent être mises en service par EDF entre 2010 et 2012.

Dans le nucléaire, Enel obtient l’accès à des capacités de 1.200 megawatts à l’horizon 2012 et de 400 à 550 MW dans les centrales à cycle combiné.

En retour, le groupe français pourra accéder à une capacité de production d’Enel équivalente dans le cadre des projets de l’italien en cours en Europe. Enel se développe fortement en Russie, Europe de l’Est et en Espagne, via le rachat d’Endesa, reconstituant notamment son expertise dans le nucléaire après l’abandon de cette technologie par l’Italie en 1987.

Dans l’électricité, France et Italie ont aussi conclu un accord pour améliorer l’interconnexion entre les deux pays.

Dans l’électronique de défense, Thales et Finmeccanica, déjà partenaires au niveau spatial, ont décidé d’élargir leur coopération en regroupant leurs forces dans la défense sous-marine (torpilles, lanceurs), en partenariat avec le groupe de construction navale militaire français DCNS (75% Etat, 25% Thales).

Cet accord "renforce l’industrie de défense européenne, créant l’un des principaux groupes mondiaux dans le secteur" de la défense sous-marine, ont-ils estimé.

La naissance de ces trois sociétés communes est prévue d’ici à fin 2008 et pourrait être ouverte dans un deuxième temps à d’autres groupes.

En revanche, le dossier de la reprise d’Alitalia, pour lequel Air France-KLM est candidat, n’a pas été évoqué, selon le chef de gouvernement italien.

Prodi et Sarkozy ont par ailleurs procédé à Nice à un tour d’horizon des dossiers internationaux. Le président français s’est dit favorable à l’indépendance du Kosovo "au moment opportun", alors que les pourparlers entre Serbes et Kosovars s’achèvent le 10 décembre. M. Prodi a estimé qu’il revenait à l’Europe de préparer ce processus.

Les deux pays ont enfin signé une déclaration commune en matière d’immigration.


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