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Elections sous haute surveillance en Russie

AFP

samedi 1er décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Le Service fédéral de sécurité russe (FSB) va coordonner les actions des policiers et des militaires chargés d’assurer la sécurité dans les bureaux de vote aux élections législatives de dimanche, a rapporté samedi le quotidien Kommersant en citant une source au sein des forces de l’ordre russes.

"La responsabilité d’assurer la sécurité des élections a été conférée au FSB. Tous les états-majors de la police sont pour la première fois subordonnés aux tchékistes" (nom historique des membres de la Tchéka, prédécesseur du KGB et du FSB, ndlr), a affirmé cette source.

Pourtant le FSB a démenti cette information.

"Nos agents font partie des états-majors juste pour la coordination des actions communes et ne devront se mettre à leur tête que dans le cas d’une situation d’urgence", a déclaré à Kommersant un porte-parole du FSB.

"Actuellement, c’est la police de sécurité publique qui est responsable des activités des états-majors", a-t-il souligné.

Selon un responsable du ministère russe de l’Intérieur, cité par le journal, 450.000 policiers et soldats vont assurer la sécurité en Russie lors du scrutin de dimanche, transformé en référendum de popularité pour le président Vladimir Poutine à trois mois de l’élection présidentielle de mars.

LA RUSSIE ELIT SES DEPUTES, UN PLEBISCITE POUR POUTINE

La Russie, pays qui s’étale sur onze fuseaux horaires, s’apprête à élire dimanche ses députés, des législatives présentées par le pouvoir comme un plébiscite pour le président Vladimir Poutine, à trois mois de son départ annoncé du Kremlin.

Lorsque le scrutin débutera dans l’Extrême-Orient russe, à plus de 6.000 km à l’est de Moscou, il sera 20H00 GMT, samedi.

Jusqu’à la dernière minute, les autorités ont redoublé d’effort pour exhorter les 109 millions d’électeurs à aller voter.

Car le risque d’une très forte abstention est l’objet de toutes les craintes du parti au pouvoir, Russie unie, donné largement favori avec plus de 60% des intentions de vote dans les sondages.

Des SMS ont ainsi été envoyés par les opérateurs téléphoniques, à la demande expresse du Kremlin, afin de rappeler à leur abonnés que leur suffrage est "important pour le pays", selon Kommersant.

Les services chargés de la sécurité intérieure (FSB, issus de l’ex-KGB) sont déjà à pied d’oeuvre pour coordonner les activités des 450.000 policiers et militaires mobilisés pour assurer la sécurité dans les bureaux de vote, a par ailleurs écrit le quotidien.

Depuis samedi, "jour du silence", les partis politiques ont interdiction de faire des déclarations liées à l’élection. Les journaux télévisés ont néanmoins passé en boucle des images de Vladimir Poutine assistant la veille, dans une salle remplie de drapeaux russes, à un festival d’arts martiaux à Moscou.

Vendredi soir, la campagne électorale s’est achevée sur un message triomphaliste du principal mouvement de jeunesse pro-Kremlin, Nachi, qui a proclamé avec 48 heures d’avance la victoire du parti Russie unie de Vladimir Poutine.

"Le 2 décembre, les Russes ont choisi le président Poutine comme leader national de la Russie", ont anticipé les Nachi ("Les Nôtres") dans un communiqué se félicitant du "score écrasant" de Russie unie.

"Ils ont vaincu le désir ardent de certains pays d’imposer leur opinion, ils ont vaincu les voleurs et les traîtres", s’est réjoui l’organisation, dans des déclarations antioccidentales au diapason des accusations du maître du Kremlin contre les "chacals" de l’opposition subventionnés selon lui par l’Occident.

Washington a de nouveau exprimé son inquiétude sur la régularité des législatives.

"Nous gardons évidemment un oeil dessus", a déclaré la porte-parole de la Maison blanche Dana Perino.

"Mais nous sommes inquiets que les gens puissent ne pas avoir des élections libres et justes", a-t-elle dit, réitérant la préoccupation déjà exprimée par le président George W. Bush.

Seul un groupe restreint d’observateurs étrangers surveillera ce scrutin. La principale instance de surveillance électorale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH), a décidé de boycotter les élections, en invoquant les entraves mises par Moscou.

De son côté, l’ancien champion du monde d’échecs Garry Kasparov, qui est un des chefs de file de l’opposition, a dénoncé l’existence de "fraudes".

"Le volume des fraudes (...) rend d’ores et déjà le régime illégitime", a proclamé vendredi le leader du mouvement L’Autre Russie, au lendemain de sa libération après cinq jours de prison pour "manifestation non autorisée".

"Un nombre significatif de forces politiques, tant à droite qu’à gauche, sont exclues" du jeu politique, a ajouté M. Kasparov dont le mouvement n’a pas réuni les nombreuses conditions désormais requises pour s’enregistrer comme parti et ne participe donc pas aux législatives.

Son mouvement, qui avait par le passé évoqué l’organisation d’une manifestation dimanche, ne parle plus que d’un "rassemblement-éclair" lundi soir à Moscou.

Après le scrutin de dimanche, les Russes seront appelés aux urnes le 2 mars pour une présidentielle à laquelle M. Poutine ne peut pas se présenter.

Le président continue à rester flou sur son avenir, entretenant les rumeurs d’un retour rapide au Kremlin ou d’une nomination à un poste à définir qui lui permettrait de continuer à diriger le pays.


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