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Tous les citoyens américains auront un passeport à puce RFID en 2006

Alorie Gilbert, CNET News.com

mardi 26 octobre 2004, sélectionné par Spyworld

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Le département d’État opte pour l’insertion d’une puce à radiofréquences dans les passeports. Raison officielle : renforcer les contrôles aux frontières et lutter contre les faux papiers. Un choix contesté par les défenseurs des libertés individuelles.

La prochaine génération de passeports américains sera dotée d’une puce à identifiant radio RFID et d’une technologie de reconnaissance faciale. Ces futurs "e-passports", également appelés "passeports intelligents" aideront à lutter contre leur vol et leur falsification. Mais aussi à accélérer les contrôles d’identité aux aéroports et aux frontières.

Le département d’État (l’équivalent américain du ministère des Affaires étrangères) a lancé un appel d’offres auprès de quatre fournisseurs : l’allemand Infineon Technologies, l’américain BearingPoint, le français Axalto et l’israélien SuperCom.

La puce, d’une épaisseur inférieure à celle d’un cheveu, sera insérée dans la couverture de chaque passeport. Avec une capacité de mémoire de 65 Ko, elle pourra stocker des données, telles que le nom, la date, le lieu de naissance et une photo numérique. Lorsqu’une personne présentera le document à la douane, ces données seront transmises immédiatement à l’officier de contrôle grâce à un scanner situé à proximité.

Déploiement public d’ici fin 2006

D’ici à la fin de l’année, les hauts fonctionnaires de l’administration devraient être les premiers à recevoir ces passeports. Dès le printemps 2005, ils seront distribués au grand public. Selon les prévisions du département d’État, la production devrait dépasser le million d’unités d’ici à la fin 2005 et tous les nouveaux passeports seront dotés d’une puce RFID en 2006.

Cette puce, d’une durée de vie de 10 ans, intégrera une signature numérique et une technologie de chiffrement. Ces fonctionnalités devraient faire grimper le prix au delà de celui des puces RFID classiques, qui coûtent aujourd’hui moins d’un dollar pièce. Mais le département d’Etat reste muet sur le coût des e-passeports. Des sources proches du dossier ont cependant rapporté que l’administration les financera en augmentant le prix de délivrance du document. Il est question d’un surcoût de 10 dollars, qui s’ajouterait aux 85 dollars facturés pour une première demande (55 dollars pour un renouvellement).

Les e-passeports sollicités pour la reconnaissance faciale

Par ailleurs, les e-passports doivent s’insérer dans un programme de plus grande envergure. Le ministère des Affaires étrangères et celui de la Sécurité nationale comptent installer d’ici un an des systèmes de reconnaissance faciale aux postes de douanes des aéroports, indique Barry Kefauver, ex-fonctionnaire du ministère et consultant sur le programme des passeports. Ces systèmes sont censés établir une comparaison entre le visage d’une personne et les données contenues dans la puce RFID.

Le département d’État souhaiterait également voir l’intégration de données biométriques, telles que des empreintes digitales ou iridiennes, explique Saswato Das, porte-parole d’Infineon Technologies. Mais ce projet est en suspens, puisqu’il impliquerait de prendre les empreintes de l’ensemble de la population.

Les défenseurs des libertés individuelles sont farouchement opposés à l’usage des puces RFID. Leur contenu pouvant être lu à travers des vêtements, à une distance variable, ils redoutent notamment le vol de données personnelles. Plusieurs associations, dont l’American Civil Liberties Union (Aclu) et Privacy International, ont adressé une pétition à l’ONU pour qu’elle tranche sur la question et assure la protection des individus.

Bruce Schneier, spécialiste de la sécurité et fondateur de la société Counterpane Internet Security, voit dans les projets du gouvernement des intentions plus obscures. Il préconise, sur son blog, de renoncer à la technologie RFID, et d’opter pour une puce différente qui nécessite d’être mise en contact direct avec un scanner. Si l’administration a fait ce choix, selon lui, c’est peut-être pour avoir accès de façon clandestine aux informations contenues dans les passeports.


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