mercredi 13 décembre 2017

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Le renseignement américain a changé de méthode en Iran

Jim Mannion, AFP

mardi 4 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Epinglé pour ses échecs en Irak où l’existence d’armes de destruction massive n’a jamais été confirmée, le renseignement américain, qui a remis un surprenant rapport sur le programme nucléaire iranien, dit avoir changé de méthodes de travail.

Un rapport des 16 agences américaines de renseignement, rendu public lundi, estime que l’Iran a suspendu depuis 2003 ses efforts pour se doter de l’arme nucléaire, tout en soulignant qu’il pourrait en être capable entre 2010 et 2015.

Cette évaluation contraste avec la position de l’administration Bush qui redouble d’efforts pour faire adopter un troisième train de sanctions contre l’Iran, accusé de développer l’enrichissement de l’uranium à des fins militaires.

Des responsables du renseignement américains, sous couvert d’anonymat, ont indiqué lundi que de nouvelles méthodes de récolte de renseignements et d’analyses avaient été utilisées en Iran, après la dernière évaluation du programme nucléaire iranien en 2005.

« Je pense que la cause immédiate, le centre de gravité (de cette nouvelle estimation) réside dans de nouveaux renseignements, qui nous ont obligés à revoir nos évaluations », a commenté l’un des responsables.

De nouvelles méthodes ont été adoptées à la suite des échecs catastrophiques enregistrés en Irak. Un rapport des renseignements US de 2002, qui avait estimé à tort que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, avait contribué à la décision américaine d’envahir l’Irak en mars 2003.

Aujourd’hui, le bras de fer entre l’Iran et les Occidentaux inquiets de voir Téhéran développer un programme nucléaire militaire a créé des craintes au sujet d’une éventuelle intervention américaine. Or, le rapport publié lundi conclut que l’Iran est plus susceptible d’être sensible aux pressions internationales que précédemment.

Le directeur de la CIA Michael Hayden et son adjoint, Stephen Cappes, ont d’abord été sceptiques sur la suspension du programme nucléaire iranien, mais ont finalement été convaincus que cela avait été possible grâce aux pressions de la communauté internationale, ont souligné des responsables américains du renseignement.

Ces derniers ont également indiqué que des experts avaient examiné la possibilité que l’Iran ait monté de toute pièce un scénario afin de cacher un programme militaire.

« Je pense que l’avis général est que cela est possible, mais pas probable », a confié un responsable.

Les responsables américains du renseignement ont souligné la difficulté d’espionner l’Iran pour expliquer pourquoi il avait fallu tant de temps pour détecter un arrêt du programme nucléaire à des fins non civiles.

« Les activités que nous décrivons dans ce rapport ont été délibérément, précautionneusement et pendant un certain temps gardées secrètes », a dit un responsable, expliquant que « ce sont des informations difficiles à obtenir, à vérifier et à valider ».

Le renseignement américain a effectué « plus d’analyses, plus de collecte de renseignement, notamment à partir d’informations qui étaient publiques et qui étaient pertinentes », ajoute un de ses collègues.

Ces informations publiques pertinentes comprenaient notamment des photographies prises lors d’une visite organisée pour des journalistes par les autorités iraniennes du site de Natanz, où l’uranium est enrichi.

« Nous avons finalement photographié tous les équipements là-bas », a indiqué un troisième responsable. « Ainsi, au lieu d’avoir des discussions sans fin pour savoir si les tuyaux faisaient 12 centimètres de diamètres ou 12 pouces, nous avions de réelles données », explique-t-il.

« Nous pensons avoir fait du bon travail. Les nouveaux renseignements nous ont permis de mieux interpréter ce que nous avions auparavant », a-t-il encore souligné.


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