mercredi 13 décembre 2017

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Terrorisme : un ex-patron du SCRS met en garde contre les excès policiers

Jim Brown, Presse Canadienne

mercredi 5 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les Canadiens devraient se montrer prudents avant de donner trop de latitude à la police au nom de la lutte au terrorisme, soutient l’ex-patron des services canadiens d’espionnage.

A l’enquête sur l’affaire Air India, mardi, Reid Morden s’est dit opposé à toute proposition visant à diluer les exigences juridiques auxquelles la police doit se plier avant de pouvoir faire de l’écoute électronique, effectuer des fouilles ou surveiller des citoyens.

Il a reconnu que son ancienne boîte, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), a déjà le pouvoir de faire enquête sur des citoyens sur la base de simples soupçons plutôt qu’à partir de preuves tangibles, s’il croit qu’ils représentent une menace à la sécurité nationale.

Mais accorder la même autorité aux agents de la Gendarmerie royale du Canada pourrait avoir d’importantes implications à caractère social, selon lui. Ce serait, avance-t-il, "un prix trop lourd à payer".

John Major, l’ex-juge de la Cour suprême du Canada qui préside l’enquête, a paru plus ouvert à l’idée d’élargir les pouvoirs d’enquête de la police dans le cadre de la lutte au terrorisme.

Cet élargissement ne s’appliquerait pas à d’autres activités criminelles, parce que la perception est que ces autres activités ne menacent pas la nation en tant que telle, a déclaré le juge. Les activités terroristes ont le potentiel de détruire des pays, des civilisations, a-t-il dit.

Mais M. Morden a exprimé la crainte que si la police obtenait une exception pour les enquêtes antiterroristes, elle ne voudrait pas en rester là.

Les rivalités entre le SCRS et la GRC constituent un thème central de l’enquête, qui porte sur la façon dont on a mené l’enquête initiale sur l’attentat à la bombe commis contre un avion d’Air India, en 1985. L’attentat terroriste a fait 329 victimes.

Une des principales doléances des agents de la GRC est que le SCRS a effacé des heures d’enregistrements de suspects importants.

Des témoins de la GRC sont venus dire à l’enquête que des réformes sont nécessaires pour éviter des échecs futurs dans la poursuite de la lutte contre le terrorisme, et notamment, que la GRC devrait reprendre du service dans le secteur du renseignement, qu’elle a quitté avec la création du SCRS en 1983. Mais des critiques ont rappelé que la GRC a été dépouillée de ses activités de renseignement précisément à cause de ses abus dans ses efforts pour combattre le mouvement indépendantiste au Québec dans les années 1970.


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