samedi 21 octobre 2017

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Guillaume Dasquié, menacé de détention, dit avoir donné le nom d’une source indirecte

AFP

dimanche 9 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Le journaliste Guillaume Dasquié, mis en examen jeudi soir pour compromission du secret de la défense, a confirmé dimanche avoir été menacé de détention provisoire et déclaré qu’il avait fini par donner le nom d’une de ses sources indirectes au cours de sa garde à vue, préservant sa source principale, dans des déclarations au Journal du Dimanche et à France 5.

"C’est à cause de ces pressions répétées que j’ai fini par lâcher le nom d’une de mes sources indirectes", a-t-il déclaré dans le JDD.

"Je suis parvenu à protéger ma source principale, celle qui m’a remis le fameux document confidentiel", a-t-il cependant précisé.

"J’avais plusieurs sources dont une directe que j’ai réussi à protéger jusqu’au bout. La source ultime, ils ne l’ont pas. En revanche, ils avaient une petite idée, une petite liste sur les personnes" possibles, a-t-il par ailleurs déclaré sur France 5 lors de l’émission "Revu et corrigé".

Le journaliste a expliqué qu’il s’était vu confirmer le marché suivant lors de sa garde à vue par le sous-directeur de la DST, Gilles Gray, et le substitut du procureur : soit il donnait des noms, soit il était placé en détention provisoire. "Alors bien sûr que j’ai balancé un nom", a-t-il dit sur France 5 ému aux larmes.

Il s’est par ailleurs déclaré "abasourdi" dans le JDD que le procureur de la République de Paris doute de ses "graves révélations" et "défende spontanément ses subordonnés sans chercher à diligenter une enquête interne". "Cela me donne à penser qu’il s’agissait d’une démarche d’intimidation calculée et couverte par la hiérarchie", ajoute-t-il.

"Au delà de mon cas personnel, je m’interroge sur le droit à informer dans une démocratie moderne", indique-t-il.

Selon lui, l’article qu’il avait publié le 17 avril dans Le Monde démontrant que la France connaissait le danger d’une attaque terroriste aux Etats-Unis et en avait informé ce pays dès janvier 2001 "a géné les décideurs américains". "A Washington, on a pensé qu’il s’agissait non d’une véritable enquête journalistique mais d’une fuite organisé par un cabinet ministériel, comme c’est souvent le cas", a-t-il commenté dans le JDD. "Pour réparer cet incident, la solution est toute trouvée : casser les reins du journaliste et de ses sources", a-t-il écrit.


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