lundi 18 décembre 2017

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USA : un ancien officier de la CIA justifie le recours à la torture

AFP

mardi 11 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Un ancien officier de la CIA ayant dirigé l’interrogatoire d’Abou Zoubaydah, un membre influent présumé du réseau d’Oussama ben Laden, a justifié lundi l’usage de techniques qui s’apparentent à de la torture pour interroger les membres présumés d’Al-Qaïda.

Soumis à un simulacre de noyade ("waterboarding"), Zoubaydah, le premier membre influent d’Al-Qaïda capturé par les Etats-Unis après le 11-Septembre, a craqué en "moins de 35 secondes", a dit John Kiriakou sur ABC News, selon des extraits de son interview mis en ligne sur le site de cette chaîne de télévision.

Cette technique d’interrogatoire s’apparente à de la torture mais elle est "nécessaire", a affirmé l’ancien officier des services de renseignement américain.

"Le lendemain (de son interrogatoire) Zoubaydah a dit qu’Allah était venu le visiter dans la nuit dans sa cellule et lui avait dit de coopérer", a dit M. Kiriakou. "A partir de là, il a répondu à toutes les questions", a-t-il ajouté.

"La valeur des informations qu’il a transmis a permis d’empêcher nombre d’attaques, peut-être des dizaines", a estimé M. Kiriakou.

Interrogé sur le recours aux méthodes musclées lors des interrogatoires de terroristes présumés, M. Kiriakou a répondu : "nous sommes Américains et nous valons mieux que ça. Nous ne devrions pas avoir recours à ce genre de chose". "Mais, a-t-il aussitôt ajouté, que ce passerait-il si nous ne soumettions pas une personne à la technique du simulacre de noyade et qu’une attaque survienne ?". Dans ce cas, "j’aurais du mal à me pardonner moi-même", a-t-il dit.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont lancé un programme de détention et d’interrogatoire permettant aux services de renseignement de recourir à des "techniques accrues" de questionnement contre des terroristes présumés, mais dont le détail est confidentiel.

Début octobre, le New York Times a révélé l’existence de documents du ministère de la Justice, assurant que la loi n’empêchait pas de gifler un détenu, de le soumettre à des températures extrêmes ou à un simulacre de noyade, variante du "supplice de la baignoire" pratiqué pendant la guerre d’Algérie.

Or, selon la Convention de Genève, "aucune torture physique ou morale ni aucune contrainte ne pourra être exercée sur les prisonniers de guerre pour obtenir d’eux des renseignements de quelque sorte que ce soit".

La CIA se défend officiellement de recourir à la torture pour interroger les prisonniers.

Interrogé par ailleurs pour savoir si l’interrogatoire de M. Zoubaydah avait été enregistré et faisait partie des vidéos ultérieurement détruites par la CIA, M. Kirakiou a affirmé qu’il ne savait pas si cet interrogatoire avait été filmé et, s’il l’avait été, ce qu’était devenu l’enregistrement.

Le directeur de l’Agence de renseignement américaine (CIA), Michael Hayden, a reconnu jeudi que ses services avaient détruit en 2005 des enregistrements d’interrogatoires sensibles effectués en 2002. L’intention était de protéger les agents qui y ont participé contre d’éventuelles représailles d’Al-Qaïda, a dit le général Hayden, qui n’était pas encore à son poste à l’époque.


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