mardi 17 octobre 2017

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Un ministère de la défense reconfiguré

C. Gu., le Monde

mardi 11 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Donner plus de cohésion au ministère de la défense, améliorer sa gouvernance en créant un comité exécutif resserré autour du ministre et un comité des investissements, lancer une étude de faisabilité sur le transfert à Balard, dans le 15e arrondissement de Paris, du siège du ministère : telles devraient être les orientations arrêtées, mercredi 12 décembre, par Nicolas Sarkozy.

L’annonce la plus spectaculaire, du moins pour les Parisiens, concerne le projet de bâtir dans le quartier Balard un immeuble qui abriterait - au plus tard en 2012 - le ministère de la défense et les états-majors de l’armée de l’air, de l’armée de terre et de la marine. Mais au-delà de cette opération, qui pourrait faire les affaires de l’agence France-Domaine, gestionnaire du patrimoine immobilier de l’Etat, c’est bien une reconfiguration du ministère de la défense, créé en 1961, qui s’annonce et devrait être arrêtée, dans sa forme définitive, au printemps 2008, avec le Livre blanc et la préparation de la prochaine loi de programmation militaire pour les années 2009 à 2011.

Le contrôle général des armées - l’inspection générale du ministère de la défense - a mobilisé depuis septembre une trentaine de personnes pour élaborer avec les services du ministère des pistes de réflexion et des scénarios d’évolution documentés. Il ne partait pas de rien puisqu’un travail systématique d’identification des quelque 30 fonctions du ministère avait été conduit en 2004 et 2005. Plusieurs constats ont été faits : celui de l’empilement des échelons hiérarchiques, de l’existence de structures parallèles de soutien aux forces, de la dispersion, coûteuse, des armées sur 1 857 emprises foncières et 445 communes, et d’un processus "insuffisamment clarifié" de décisions au niveau central.

L’administration centrale du ministère devrait donc être profondément réorganisée autour de cinq grandes directions : un pôle opérationnel, un pôle de soutien, un pôle armement, une fonction d’éclairage stratégique et une fonction de contrôle. Les responsabilités des "grands subordonnés" - le chef d’état-major des armées (CEMA), les chefs d’état-major des 3 armes, le délégué général à l’armement (DGA), le secrétaire général pour l’administration (SGA) et le délégué aux affaires stratégiques - devraient être clarifiées. Le rôle et l’autorité du chef d’état-major des armées seraient renforcés dans le droit-fil de ce qui s’est fait depuis 2005. Un comité des investissements, réunissant le SGA, le DGA et le CEMA, sera mis en place afin de mieux évaluer le coût des programmes d’armement, et un comité exécutif resserré se réunira deux fois par mois autour du ministre.

D’autres orientations, sous réserve de leur validation au plus haut niveau de l’Etat, devraient donner lieu d’ici au printemps à des plans d’actions précis : qu’il s’agisse de la mutualisation de certaines fonctions - l’habillement par exemple - ou du "resserrement des stationnements" autour de sites de 1 800 à 4 000 personnes. Un travail de rationalisation déjà défriché lors du passage à une armée de métier.

Les états-majors des trois armes rassemblés

Le ministère de la défense possède 16 hectares dans le quartier parisien de Balard (15e arrondissement), dont 8 ha sont occupés par la cité de l’Air, où sont implantés l’état-major de l’armée de l’air et une base aérienne. Un peu plus de 6 000 personnes, civils et militaires, y travaillent.

Il reste au ministère deux terrains constructibles libres, l’un de 5 hectares, l’autre de 3, dans ce même quartier. C’est sur le plus grand de ces lots que devrait être édifié, d’ici à 2012, le siège du nouveau ministère de la défense, où seraient regroupés les états-majors des trois armes. Quelque 4 000 personnes devraient, dans ce cadre, rejoindre les 6 000 déjà en poste à Balard.

Pour financer cette opération, le ministère n’exclut pas de mettre en vente les 3 hectares qui lui restent à Balard, ou certains de ses immeubles du centre de Paris, dont celui, réputé, de la marine, place de la Concorde.


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