mardi 12 décembre 2017

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Vingt ans après le Rainbow Warrior, Paris et Wellington réconciliés

AFP

mercredi 6 juillet 2005, sélectionné par Spyworld

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Le sabotage par des agents secrets français du Rainbow Warrior, le navire de Greenpeace, en juillet 1985 dans le port d’Auckland, avait provoqué une crise sans précédent mais la Nouvelle-Zélande et la France ont depuis trouvé le chemin de la réconciliation.

"Cela restera gravé dans l’esprit des Néo-zélandais comme nulle autre chose", estime Geoffrey Palmer, vice-Premier ministre néo-zélandais de l’époque, qualifiant cette affaire "de plus grave violation de la souveraineté néo-zélandaise jamais survenue".

Mais vingt ans après, les relations entre la France et la Nouvelle-Zélande sont revenues au beau fixe.

"L’affaire du Rainbow Warrior est une page très triste de nos relations, une page très douloureuse pour la Nouvelle-Zélande", a récemment déclaré Phil Goff, ministre néo-zélandais des affaires étrangères, au journal Les Nouvelles-Calédoniennes de Nouméa.

"Mais cette affaire appartient désormais au passé. La France et la Nouvelle-Zélande partagent la même vision du monde", a-t-il ajouté.

La fin des essais nucléaires français dans le Pacifique en 1996 a effacé le principal point de friction entre les deux pays, souligne Geoffrey Palmer, qui a mené les négociations avec la France après l’attentat contre le Rainbow Warrior.

Le processus de réconciliation entre kanaks et caldoches en Nouvelle-Calédonie par le biais des accords de Matignon en 1988 puis de Nouméa en 1998 a également permis de redorer l’image de la France dans le Pacifique, aux yeux de Wellington.

Dans cet apaisement, Geoffrey Palmer accorde un important crédit à Michel Rocard, qui fût le premier chef de gouvernement français à se rendre en Nouvelle-Zélande en 1991.

L’annonce en Nouvelle-Zélande le 11 juillet au matin du sabotage par deux mines posées sur sa coque du Rainbow Warrior, ancré dans le port d’Auckland, avait provoqué un véritable choc dans l’opinion néo-zélandaise.

Un choc d’autant plus profond que le sabotage avait tourné au drame, avec la mort de Fernando Pereira, photographe portugais de l’équipage de Greenpeace, revenu au bateau prendre un appareil.

L’émotion avait encore redoublé lorsque l’enquête de la police néo-zélandaise avait révélé que ce sabotage était l’oeuvre d’agents secrets français. Deux d’entre eux, Dominique Prieur et Alain Mafart, les "faux époux Turenge", ont été arrêtés deux jours plus tard alors qu’ils restituaient leur véhicule de location.

Le Premier ministre néo-zélandais de l’époque, David Lange, qualifie alors ce sabotage "d’acte sordide de terrorisme d’Etat international".

Le Rainbow Warrior se trouvait à Auckland en vue de prendre la tête d’une flotille de bateaux, qui devait se rendre dans l’atoll de Mururoa en Polynésie française pour protester contre les essais nucléaires français.

Après avoir nié toute responsabilité dans cette affaire, la France finit par reconnaitre en septembre que "ce sont des agents de la DGSE qui ont coulé le Rainbow Warrior", selon les mots de Laurent Fabius, alors premier ministre.

Charles Hernu, ministre de la Défense, est contraint de démissionner et l’amiral Pierre Lacoste, patron de la DGSE, est démis de ses fonctions.

Le 22 novembre 1985, Alain Mafart et Dominique Prieur sont condamnés à dix ans de prison pour homicide involontaire.

A l’issue de négociations serrées entre Paris et Wellington et d’une médiation des Nations unies, les deux agents quittent Wellington moins d’un an plus tard pour la base militaire française d’Hao en Polynésie française.

Mi-1988, ils rentreront en France, suscitant un regain de tension entre Paris et Wellington.

La France paiera une compensation de 8 millions de dollars US à Greenpeace, qui bénéficiera finalement de l’affaire en voyant ses soutiens se multiplier à travers le monde.


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