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La Russie cesse d’appliquer un important traité de défense européen

RTLinfo.be

mercredi 12 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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La Russie a cessé dans la nuit de mardi à mercredi d’appliquer le traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE), une des clés de voûte de la sécurité sur le Vieux continent, qui limite les armements de l’Atlantique à l’Oural. "A partir de 00H00 heure de Moscou (21H00 GMT mardi soir), la Russie a suspendu toute son activité concernant l’application du traité", a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur son site officiel.

Un traité obsolète, selon Moscou

Face à l’expansion militaire de l’Otan à ses frontières et notamment au projet américain de déploiement d’un bouclier antimissiles en Pologne et en République tchèque, le président russe Vladimir Poutine avait signé un décret en ce sens le 13 juillet. "Le traité ne correspond plus depuis longtemps aux réalités contemporaines et aux intérêts de la Russie dans le domaine de la sécurité", explique le ministère. Moscou reste "prêt à poursuivre le dialogue" et espère que les pays membres du traité FCE "vont faire preuve de réalisme politique et de la volonté de trouver des solutions mutuellement acceptables".

Il existe deux versions du traité

Le traité sur les Forces conventionnelles en Europe a été signé en 1990 par les pays de l’Otan et du Pacte de Varsovie, un an avant la chute de l’URSS. L’accord qui limite le déploiement de chars, d’avions et d’armes lourdes sur le continent, a été ensuite "adapté" en 1999 à Istanbul. Les changements tiennent compte de la disparition du bloc soviétique, suivie de l’entrée dans l’Otan de pays de ce bloc, tels que la Pologne et la République tchèque. Mais, contrairement à la Russie, les pays de l’Otan n’ont pas ratifié la version révisée du traité, arguant du maintien de troupes russes dans des régions séparatistes pro-russes de Géorgie et de Moldavie, deux ex-républiques soviétiques. Moscou réplique qu’il a rempli ses obligations dans ces régions, ajoutant que ces questions ne sont pas liées au traité CFE. La Russie exige la ratification de la version d’Istanbul de 1999, en soulignant que le texte de 1990 est dépassé. Le traité FCE "est nécessaire" et la Russie "cherche à conduire l’Occident à ratifier rapidement l’accord révisé", estime le directeur adjoint de l’Institut Etats-Unis-Canada de l’Académie des sciences de Russie, Pavel Zolotarev. M. Zolotarev se dit optimiste au sujet de cette ratification "car il n’y a pas de raison de détruire la base de négociation qui existe et d’aller à la confrontation, c’est une question de bon sens".

Une source d’information sur les activités militaires russes

"Le traité est mort", lance Pavel Felguenhauer, spécialiste des questions de défense. "Ce qui était très important, c’était le régime de transparence sur toutes les activités militaires, un système très actif qui fonctionnait très bien", souligne-t-il en référence aux inspections réciproques régulières entre parties à l’accord. "Avec la disparition du traité FCE, les pays européens vont perdre une importante source d’information sur les activités militaires russes", estime-t-il. M. Felguenhauer juge "pratiquement inévitable que la Russie déplace des armes vers l’ouest, principalement à la frontière des pays baltes" qui font à présent partie de l’Otan et ne sont pas inclus dans le traité. "Cela enverra un message fort à l’Occident. La Russie a tout à y gagner", selon M. Felguenhauer qui publie régulièrement des commentaires pour le journal d’opposition Novaïa Gazeta.


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