samedi 16 décembre 2017

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Valeo : deux mois de prison ferme pour la stagiaire chinoise Li Li blanchie d’espionnage

AFP

mardi 18 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Une étudiante chinoise Li Li a été condamnée, mardi à Versailles, à deux mois de prison ferme, pour abus de confiance mais blanchie de tous soupçons d’espionnage industriel chez l’équipementier auto Valeo.

"Par ce jugement, le tribunal a estimé que les faits reprochés à Li Li allaient au-delà de la simple faute professionnelle mais que tous les reproches en matière d’espionnage industriel étaient balayés", a estimé son conseil Me Raphaël Pacouret, qui avait plaidé la relaxe.

Cette peine - un an de prison dont dix mois avec sursis- est conforme aux réquisitions : elle couvre les 53 jours de détention provisoire effectuée par la jeune Chinoise en 2005. Elle ne retournera donc pas en prison.

Le tribunal l’a en outre condamnée à verser 7.000 euros de dommages et intérêts à la société Valeo alors que cette dernière réclamait 150.000 euros.

Li Li, 24 ans, fraîchement diplômée de l’université de technologie de Compiègne (UTC), était poursuivie pour s’être emparée entre février et avril 2005 de fichiers informatiques confidentiels lors d’un stage chez l’équipementier automobile Valeo, à La Verrière (Yvelines).

Mise en examen pour "abus de confiance" et "accès frauduleux à un système informatique", elle avait été placée en détention provisoire, le parquet parlant alors d’espionnage industriel dans un contexte de psychose commerciale autour des importations de textiles chinois.

Mais pendant l’audience, la procureure, tout en condamnant ces opérations de téléchargement, avait écarté cette version des faits : "Ces infractions ne relèvent en rien de l’espionnage industriel, ni du romanesque dont on a entouré cette affaire", avait-elle dit.

"Si nous ne sommes pas face à une espionne, nous sommes face à une jeune femme issue d’une famille aisée, qui a fait des études et dont le bagage intellectuel la rendait parfaitement capable de comprendre les règles de confidentialité d’une entreprise", avait-elle expliqué.

Pour sa défense, Li Li avait expliqué durant l’audience ignorer cette interdiction de téléchargement : "Confidentialité est un mot que j’ai découvert avec cette affaire : je n’ai pas fait attention, je ne connaissais pas la gravité de cette chose avant".

"Je ne pensais pas faire mal : l’ordinateur de la société était saturé, je l’ai vidé pour faire de la place et j’ai sauvegardé les documents sur mon disque externe", avait-t-elle ajouté.

Mardi, très émue après l’énoncé du jugement, Li Li a confié à la presse sa déception : "Après tout ce que j’ai subi depuis deux ans, j’attendais une relaxe".

"J’ai été très choquée d’avoir été considérée comme une espionne", a-t-elle ajouté, estimant que "sa nationalité avait joué un rôle" dans ces soupçons. "Nous, les Chinois, on travaille beaucoup mais c’est pas pour ça qu’on est des tricheurs".

"Je ne peux rien contre la justice d’un pays, a-t-elle poursuivi, résignée, mais brandissant fièrement le passeport chinois qu’elle vient de récupérer. Mercredi, elle s’envolera vers son pays natal pour ses premières vacances après deux ans et demi de séparation d’avec sa famille.


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