dimanche 22 octobre 2017

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Coup de filet à Paris contre des islamistes d’al-Quaida

Jean Chichizola, le Figaro

jeudi 20 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Huit hommes, soupçonnés de fournir aux terroristes algériens du matériel informatique et des moyens de télécommunications, ont été placés en garde à vue.

Dans la plus grande discrétion et au terme de plusieurs mois d’investigations, la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) vient de démanteler un important réseau de soutien logistique lié au terrorisme algérien. Selon nos informations, pas moins de huit hommes soupçonnés d’être en lien avec la Branche d’al-Qaida au pays du Maghreb islamique (Baqmi), ont été interpellés, mardi matin, à Paris et dans sa proche couronne, ainsi que dans la région rouennaise. Agissant dans le cadre d’une commission rogatoire lancée par un juge antiterroriste parisien, les policiers ont multiplié les perquisitions.

Au domicile des suspects, ils ont saisi un lot de matériel, notamment des ordinateurs et des moyens de télécommunication qui, pour les enquêteurs, étaient susceptibles d’être acheminés clandestinement vers le maquis. « Du très sérieux. Nous sommes entrés dans le bois dur… », résumait hier un responsable français de la lutte antiterroriste.

« Le dossier était mûr »

Les suspects, sept Algériens et un Français ont été placés en garde à vue pour une durée de 96 heures au nouveau QG de la direction du renseignement intérieur, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Âgés de 30 à 35 ans, ils étaient déjà fichés et placés sous étroite surveillance. Au dernier stade de l’enquête, ce groupuscule ne projetait aucun attentat sur le sol français.

Ce coup de filet, qualifié de source informée comme « l’un des plus importants de l’année 2007 », prend un relief particulier : une semaine auparavant, la Branche d’al-Qaida au pays du Maghreb islamique, émanation du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) issu du GIA algérien, revendiquait la double attaque kamikaze du 11 décembre à Alger contre le Conseil constitutionnel algérien et le siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). « Même si l’on peut y voir une correspondance, il n’y a pas de lien direct entre ces attentats et notre opération, précise un responsable policier. Le dossier était juste assez mûr pour que l’on rentre dans une phase opérationnelle… »

Cette dernière opération intervient moins de quinze jours après un autre coup de filet de la DST dans la région de Nice (Alpes-Maritimes). Il concernait cette fois le dossier dit des « filières irakiennes ». Enquêtant sur un réseau de Tunisiens susceptibles d’avoir entretenu de très vagues relations avec Muriel Degauque, 37 ans, la kamikaze belge convertie à l’islam qui s’était fait sauter le 9 novembre 2006 au nord de Bagdad, les policiers avaient appréhendé six suspects avant de les relâcher. Ces derniers étaient par ailleurs soupçonnés d’avoir pu croiser le chemin d’un jeune djihadiste français disparu en Irak entre décembre 2006 et février dernier.

À la veille des fêtes de Noël, habituellement considérées comme une période sensible, les services antiterroristes restent en alerte. Le plan Vigipirate, quant à lui, reste maintenu au niveau rouge.


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