vendredi 20 octobre 2017

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Ils auraient aidé Al-Qaïda

Michel Delean, le Journal du Dimanche

lundi 24 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Arrêtés avec six autres hommes dans la semaine, un Français et un Algérien ont été mis en examen et écroués hier. Les policiers suivaient leur groupe depuis deux mois. Ils sont soupçonnés d’être à la tête d’une cellule islamiste parisienne en lien avec Al-Qaida au Maghreb islamique, organisation qui a revendiqué les récents attentats meurtriers en Algérie.

Les policiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST) en sont persuadés : la cellule islamiste qu’ils viennent de découvrir en région parisienne était en relation avec le responsable logistique d’Al-Qaida pour le Maghreb islamique (AQMI, émanation du GSPC algérien). "Il s’agit de Nabil M., alias Brahim. Il est considéré comme l’organisateur des derniers attentats kamikazes commis en Algérie", confie un haut responsable policier.

Courant octobre, grâce à une "source humaine", le contre-espionnage repère une petite équipe en région parisienne. Huit hommes de nationalité française, algérienne et tunisienne. Filés, écoutés, leurs mails interceptés, ils sont soupçonnés d’approvisionner les maquis islamistes en Algérie. "Il y a un responsable et des petites mains qui ont été utilisées pour faire passer du matériel électronique, des ordinateurs, des téléphones, des jumelles de vision nocturne, des GPS, tout ce qui peut servir dans une guerilla", selon ce haut responsable. Un "tour fraiseur" pouvant servir à fabriquer des armes et des munitions a également été envoyé en Algérie par cette équipe, selon une source judiciaire. "Lorsque nous les avons tous identifiés, il a été décidé de les cueillir avant que les Algériens leur demandent de commettre une action en France", explique un policier.

Les fêtes, période sensible

Fin octobre, le dossier est confié aux juges d’instruction antiterroristes Philippe Coirre et Marc Trévidic. Mardi matin, les huit suspects sont arrêtés simultanément à Paris, en banlieue (Nanterre, Cergy, Aulnay-sous-Bois, Levallois-Perret), et à Rouen. Plusieurs ordinateurs, de la documentation djihadiste, des vidéos de décapitation ainsi qu’une somme en espèces de 20 000 euros ont été saisis. Six des suspects ont finalement été relâchés faute de preuves : aucune arme n’a été convoyée, et leur implication dans aucun attentat ne peut être retenue. Après quatre jours de garde à vue et une nuit au dépôt, les deux responsables de l’équipe, un Français de 35 ans et un Algérien de 31 ans, ont été présentés au juge Coirre samedi, mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" puis placés en détention provisoire.

Les services spécialisés (DST, RG, DNAT) sont particulièrement vigilants ces jours-ci. "Les risques d’attentats islamistes sont plus élevés en période de fêtes de fin d’année, et l’inflexion de la diplomatie française peut également modifier la donne", selon un policier.


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