mardi 12 décembre 2017

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Deux journalistes français inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat nigérien

Le Monde

lundi 24 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Les deux journalistes français, Thomas Dandois et Pierre Creisson, arrêtés le 17 décembre au Niger, où ils effectuaient un reportage pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte, ont été inculpés, vendredi 21 décembre, d’"atteinte à la sûreté de l’Etat", crime passible de la peine de mort. Le chef d’inculpation a été jugé "extrêmement lourd" et "disproportionné au regard de ce qui leur est reproché" par l’association Reporters sans frontières (RSF).

Les autorités nigériennes reprochent aux journalistes d’avoir enfreint l’interdiction de se rendre dans le nord du pays, pour réaliser un reportage sur la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ). Elles affirment par ailleurs être en possession d’enregistrements réalisés par les deux Français avec des rebelles touareg.

Depuis le début de la rébellion en février, 49 membres des forces de l’ordre ont été tués dans le nord du pays. L’Etat d’alerte en vigueur dans la région a été prorogé de trois mois fin novembre par le président nigérien, Mamadou Tandja.

Thomas Dandois et Pierre Creisson, respectivement journaliste et cameraman de l’agence Camicas Productions, étaient détenteurs d’un visa et d’une autorisation de tournage pour un reportage sur la grippe aviaire.

Placés sous mandat de dépôt, ils ont été incarcérés au camp pénal de Kollo, à 25 kilomètres au sud-est de la capitale, Niamey. Leur chauffeur, Al-Hassan Abdourahman, également placé en détention, a été inculpé de "complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat".

Ces arrestations se sont produites dans un contexte de fortes tensions entre Paris et Niamey, qui accuse le groupe Areva de payer des déserteurs de l’armée pour rejoindre la rébellion. Le principal représentant de cette société a été déclaré persona non grata dans le pays.

Deux journalistes nigériens, Moussa Kaka, correspondant de Radio France internationale (RFI), et Ibrahim Manzo Diallo, directeur du bimensuel Air-Info, sont aussi détenus, respectivement depuis le 26 septembre et le 9 octobre, et accusés par les autorités de complicité avec les rebelles touareg du MNJ. - (AFP, Reuters.)


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