mardi 24 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Canada : Le parlement sous bonne garde

Canada : Le parlement sous bonne garde

Hugo Fontaine, La Presse

lundi 31 décembre 2007, sélectionné par Spyworld

logo

La Gendarmerie royale du Canada a triplé le budget consacré à la sécurité de la colline parlementaire d’Ottawa depuis 2001. On ne badine pas avec les menaces contre le haut lieu de la politique du pays.

Selon des documents que La Presse a obtenus grâce à la Loi sur l’accès à l’information, le budget de la GRC à cet égard est passé d’un peu plus de 800 000 $ en 2001 à près de 3 millions en 2007.

La porte-parole Nathalie Deschênes confirme que la GRC a procédé à des changements depuis les attaques du 11 septembre 2001. Par exemple, les véhicules ne peuvent plus entrer que par un seul accès, et ils sont tous contrôlés. « Il y a possiblement eu des changements dans les patrouilles mais, en ce qui concerne la sécurité, on ne peut donner que très peu de détails », dit Mme Deschênes.

La GRC a mis l’accent sur la sécurité électronique, dit Michel Juneau-Katsuya, ancien cadre du Service canadien de renseignement de sécurité et spécialiste en évaluation de la menace.

« La sécurité électronique entraîne des coûts élevés », précise-t-il.

La difficulté en matière de sécurité, au parlement, consiste à « trouver un équilibre entre l’accessibilité des élus et l’augmentation de la sécurité », dit Michel Juneau-Katsuya. « On ne veut pas changer la colline parlementaire en bunker géant. »

En ce sens, l’approche de la GRC est sensée, soutient le spécialiste. « C’est une approche à échelons avec des dépenses raisonnables. »

La GRC est responsable de la sécurité de la colline parlementaire, du trottoir jusqu’aux portes de l’édifice du parlement.

À l’intérieur, la sécurité est plutôt l’affaire de deux comités, l’un pour la Chambre des communes, l’autre pour le Sénat. Ce qui est une aberration, selon les députés Michel Guimond et Yvon Godin, respectivement du Bloc québécois et du NPD. Interrogés par La Presse, les deux députés saluent néanmoins les changements apportés depuis 2001.

Le contrôle d’identité est plus serré qu’auparavant. « C’est comme dans les aéroports », dit M. Juneau-Katsuya.

Michel Guimond se souvient de « ces autobus qui débarquaient les touristes au pied de la tour de la Paix », sans trop de vérifications.

Yvon Godin se souvient du temps où ses invités pouvaient entrer au parlement avec lui par la porte des parlementaires. Ils doivent maintenant passer par l’entrée principale, où leur identité est contrôlée. « C’est une bonne chose », dit-il.

Melisa Leclerc, attachée de presse du ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a fait savoir que le ministre ne ferait pas de commentaires sur la question des budgets de la GRC. Mais il appuie les mesures visant à renforcer la sécurité sur la colline, souligne-t-elle.

La menace Al-Qaeda

Le resserrement de la sécurité sur la colline parlementaire répond à une certaine menace. « En tant que siège du gouvernement central, le parlement est une icône canadienne. Ça cadre exactement avec le profil des cibles d’Al-Qaeda », explique M. Juneau-Katsuya.

Il rappelle que les 17 présumés terroristes arrêtés à Toronto en juin 2006 avaient mentionné le parlement comme cible potentielle.

Selon M. Juneau-Katsuya, il faut aussi considérer que le Canada faisait partie de la liste de cibles qu’Al-Qaeda avait énumérées sur la deuxième bande audio diffusée après septembre 2001. Le Canada est le seul pays qui a été épargné jusqu’à présent.

En plus, le groupe de ben Laden a directement menacé le Canada en raison de son engagement en Afghanistan.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :