jeudi 19 octobre 2017

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Bhutto : Musharraf annonce la venue d’une équipe de Scotland Yard

Nouvelobs.com

mercredi 2 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Alors que les élections législatives sont reportées au 18 février, le président pakistanais affirme qu’une équipe d’enquêteurs britanniques doit se rendre à Islamabad pour aider à l’enquête sur l’assassinat de l’ex-figure de l’opposition Benazir Bhutto.

Une équipe d’enquêteurs britanniques de Scotland Yard va venir "immédiatement" au Pakistan pour aider à l’enquête sur l’assassinat de l’ex-figure de l’opposition Benazir Bhutto, tuée dans un attentat suicide jeudi, a annoncé mercredi 2 janvier le président Pervez Musharraf. "Je suis reconnaissant à l’égard du Premier ministre (britannique) Gordon Brown car quand je lui ai demandé, il a accepté", a précisé le chef de l’Etat dans un discours à la Nation retransmis à la télévision. Une équipe d’experts en médecine légale de Scotland Yard, la célèbre section de la police criminelle de la police britannique, est attendue à Islamabad, a précisé Pervez Musharraf.

Arrivée "avant la fin de la semaine"

Des enquêteurs de Scotland Yard vont se rendre au Pakistan "avant la fin de la semaine" pour aider les autorités pakistanaises dans l’enquête sur l’assassinat de l’ex-figure de l’opposition Benazir Bhutto, a annoncé mercredi le secrétaire au Foreign Office. "A la demande du président (pakistanais Pervez) Musharraf, le Premier ministre (britannique Gordon Brown) a accepté d’envoyer une équipe d’experts scientifiques de la police britannique pour assister le gouvernement du Pakistan dans l’enquête sur la mort de Benazir Bhutto", a indiqué David Miliband, le secrétaire au Foreign Office, dans un communiqué. "L’équipe doit quitter le Royaume-Uni d’ici à la fin de la semaine", a-t-il ajouté. De son côté, Scotland Yard a confirmé dans un communiqué l’envoi d’une "petite équipe d’officiers de la section antiterroriste de la police métropolitaine au Pakistan pour fournir soutien et assistance" dans cette enquête. "Les officiers partiront au Pakistan dès que possible", a ajouté Scotland Yard, précisant que les autorités pakistanaises continueraient à diriger l’enquête sur la mort de l’ex-Premier ministre du Pakistan.

"Ouvert" à l’aide étrangère

Le Pakistan s’était dit "ouvert" à l’idée d’une assistance étrangère dans l’enquête sur l’assassinat de Benazir Bhutto, avait annoncé mercredi à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammed Sadiq. "Le gouvernement s’est engagé dans une enquête en profondeur et transparente et reste ouvert à toute assistance étrangère", a déclaré Mohammed Sadiq. Quelques heures auparavant, à l’issue d’un entretien avec le président Pervez Musharraf, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait offert l’aide d’"experts" français ou de l’Union européenne dans l’enquête des autorités pakistanaises. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient déjà avancé l’idée d’une telle coopération.

Al-Qaïda ou des proches du pouvoir

En meeting électoral en vue des législatives, jeudi à Rawalpindi, dans la banlieue d’Islamabad, l’ex-Premier ministre a été tuée dans un attentat suicide alors qu’elle avait regagné son véhicule. Le gouvernement a aussitôt accusé des groupes liés à Al-Qaïda alors que le parti de Benazir Bhutto évoque la piste de hauts responsables proches du pouvoir et des services de renseignements pakistanais, et a demandé une commission d’enquête de l’ONU du type de celle qui a enquêté sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafiq Hariri.

Non à une enquête de l’ONU

Bernard Kouchner, premier ministre étranger à se rendre au Pakistan depuis la mort de Benazir Bhutto et venu y parler "au nom de la France et des 27 pays de l’Union européenne", avait écarté dès mardi soir l’idée d’une enquête de l’ONU, les conditions étant très restrictives (il faut notamment l’implication présumée d’un pays tiers). "Mais aujourd’hui, nous avons proposé au président Musharraf de fournir des experts français ou européens" pour aider l’enquête des autorités pakistanaises, a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’un entretien de trois quarts d’heure avec le chef de l’Etat à Rawalpindi.

"Une militante de la paix"

"Monsieur Musharraf nous a répondu que l’idée était intéressante", a ajouté le ministre français. "C’est certain, il faut une sorte de coopération internationale avec le Pakistan dans cette enquête", a répété Bernard Kouchner juste après avoir déposé une gerbe à l’endroit où Benazir Bhutto a été assassinée à Rawalpindi et de s’envoler pour la France. "Nous rendons hommage, au nom de la République française et de l’Union européenne, à la mémoire d’une militante de la paix et de la démocratie", a-t-il déclaré. Le gouvernement avait jusqu’alors décliné les offres d’aide internationale pour l’enquête, le porte-parole du ministère de l’Intérieur déclarant même samedi que la communauté internationale "ne comprenait pas l’environnement" du pays.


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