mardi 12 décembre 2017

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Bhutto : La CIA bientôt sur place

Marie Desnos, leJDD.fr

dimanche 6 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Alors que l’assassinat de Benazir Bhutto a fait rejaillir la menace Al-Qaïda au Pakistan, les Etats-Unis envisageraient de lancer une opération dans le pays. Et ce au détriment de l’Afghanistan, qui a eu la "priorité" pendant "des années" en matière de lutte anti-terroriste. Des zones d’ombres persistent sur les circonstances de la mort de l’ancien Premier ministre.

Les taliban et Al-Qaïda menacent le Pakistan. C’est ce que semblent penser les Etats-Unis, qui songeraient, selon le New York Times, à intervenir dans le pays. Une délégation de la CIA pourrait en effet être envoyée sur place, afin de mener des opérations clandestines dans des zones tribales où seraient retranchés des extrémistes, et ce en collaboration avec les forces spéciales pakistanaises. Citant des hauts responsables de l’administration, le quotidien américain explique que ce débat résulte d’un rapport faisant état de l’intensification de l’activité des taliban et d’Al-Qaïda pour déstabiliser le gouvernement pakistanais. Il fait suite à l’assassinat, il y a dix jours, de l’ancien leader de l’opposition, Benazir Bhutto.

"Après des années de priorité accordée à l’Afghanistan, nous pensons que les extrémistes entrevoient désormais la chance de décrocher le gros lot en créant le chaos au Pakistan", explique un haut responsable au journal. Le New York Times précise qu’une réunion s’est tenue vendredi à la Maison blanche à ce sujet, en présence du vice-président Dick Cheney, de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, et des principaux conseillers de George Bush en matière de sécurité.

Scotland Yard enquête

Si la piste Al-Qaïda est évoquée depuis la mort de l’ancien Premier ministre, elle ne fait pas l’unanimité. D’abord, la nébuleuse islamiste a elle-même démenti être liée à cet assassinat, survenu le 27 décembre à Rawalpindi, alors que la fondatrice du Parti du peuple pakistanais (PPP) quittait un meeting électoral. Ensuite, le parti de la victime ne croit pas non plus à cette thèse.

A la demande du président Pervez Musharraf, des enquêteurs de Scotland Yard sont arrivés vendredi au Pakistan pour participer à l’investigation. Ils devront en outre faire la lumière sur les circonstances exactes de la mort Benazir Bhutto, qui font polémique. Alors que les autorités assurent que l’emblème de l’opposition pakistanaise est décédé en heurtant un rebord du toit ouvrant de sa voiture, l’opposition soutient pour sa part qu’elle a été tuée par balle avant l’explosion. Une hypothèse également envisagée par Pervez Musharraf. Ce dernier a reconnu que l’ancien Premier ministre a peut-être été touché par des tirs. Il a en revanche estimé, lors de l’enregistrement de l’émission 60 Minutes, que "pour s’être dressée debout dans la voiture", Benazir Bhutto est la "seule responsable" de sa mort.

Eu égard à la complexité de l’affaire, le PPP souhaiterait qu’une enquête menée sous l’égide des Nations unies soit ouverte. Une requête également formulée par le mari de la défunte, Asif Ali Zardari, dans une lettre envoyée aux médias américains. Le parti cite pour exemple la procédure qui a été mise en place après l’assassinat du ministre libanais Rafic Hariri, en 2005. Mais pour l’heure, le président pakistanais y est opposé. D’autant que cela supposerait l’implication d’un pays tiers dans l’assassinat.


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