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Le Pakistan n’autorisera aucune armée étrangère sur son sol

Zeeshan Haider, Reuters

lundi 7 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Le Pakistan ne laissera aucun pays tiers mener des opérations militaires sur son territoire, affirment plusieurs responsables du pouvoir, réagissant à un article du New York Times.

Dans son édition de dimanche, le quotidien new-yorkais affirme que l’administration Bush étudie la possibilité de renforcer les capacités opérationnelles de la CIA au Pakistan, y compris la mobilisation de commandos des Opérations spéciales de l’armée américaine.

"La position du Pakistan dans la guerre contre le terrorisme est très claire : toute action sur le sol pakistanais ne doit être entreprise que par les forces pakistanaises et les agences pakistanaises de sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Nul autre pays ne sera autorisé à mener des opérations au Pakistan. Cela a été relayé au plus haut niveau", a ajouté Mohammad Sadiq.

Pour le général Waheed Arshad, porte-parole de l’armée, l’article du New York Times est sans fondement. Aucune opération militaire américaine, manifeste ou clandestine, n’a été autorisée par Islamabad, a-t-il dit.

"...LE CHAOS AU PAKISTAN"

Les zones tribales du Nord-Ouest pakistanais qui bordent l’Afghanistan et sont majoritairement peuplées de membres de l’ethnie pachtoune sont considérées comme des refuges des combattants taliban et d’Al Qaïda chassés d’Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001.

Après le 11-Septembre, le président Pervez Musharraf s’est allié à George Bush dans sa "guerre contre le terrorisme". Mais cette stratégie est risquée dans un pays où une grande partie de la population voit d’un mauvais oeil la politique étrangère de Washington.

En autorisant des troupes étrangères à opérer sur son sol, le Pakistan courrait le risque de renforcer ces sentiments anti-américains et d’accélérer la déstabilisation intérieure.

Le New York Times, citant de hauts responsables de l’administration Bush, affirme pourtant qu’une réunion s’est tenue vendredi à la Maison blanche pour évoquer cette option à la lumière des derniers développements survenus au Pakistan.

Après l’assassinat de l’opposante Benazir Bhutto et le report au 18 février des élections législatives, le pays traverse sans doute la crise la plus grave de son existence.

Participaient à cette réunion, qui ne figurait pas sur les agendas publics, certains des plus hauts responsables de l’administration, dont le vice-président Dick Cheney, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et les principaux conseillers de George Bush en matière de sécurité.

Aucune décision n’a été prise, mais plusieurs options ont été discutées dont une intensification des opérations clandestines de la CIA et de l’armée au Pakistan pour contrer l’influence croissante d’Al Qaïda et des taliban.

Si cette option devait être retenue, poursuit le Times, la CIA pourrait s’appuyer sur l’assistance militaire du commandement des Opérations spéciales de l’armée, voire lui déléguer entièrement certaines missions.

"Après des années de priorité accordée à l’Afghanistan, nous pensons que les extrémistes entrevoient désormais la chance de décrocher le gros lot en créant le chaos au Pakistan", a dit un haut responsable américain au NY Times.

Version française Henri-Pierre André


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