mardi 24 octobre 2017

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Les entreprises doivent se méfier des espions

Alan Le Bloa, Ouest-France.fr

vendredi 11 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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À Sablé-sur-Sarthe, Philippe Cador anime des ateliers où les dirigeants apprennent à se protéger contre l’espionnage. En profitant des conseils de la DST (1).

James Bond, ses gadgets et son arme la plus sûre, son irrésistible pouvoir de séduction sur les femmes ? À oublier. Les espions ont beaucoup changé. S’il exerçait aujourd’hui, « 007 » serait envoyé en mission sur un nouveau front : l’économie mondiale. On appelle cela « l’intelligence économique ».

Sur ce champ de bataille, tous les coups sont permis et les grandes puissances économiques y jouent gros, en cherchant à protéger ou favoriser leurs intérêts, leurs entreprises. « Même » celles de Sablé-sur-Sarthe, qui innovent, sous-traitent, ne sont pas à l’abri.

Par maladresse

Aujourd’hui, l’espionnage est économique et numérique. « Difficile à identifier, à déceler ». Philippe Cador, le patron de Sega industrie, une PME spécialisée dans le calcul mathématique de structures, les analyses thermiques et thermodynamiques, le sait bien. Ses travaux high-tech ont toutes les chances d’attiser la convoitise des concurrents. Il en est conscient, sans parano excessive. Même si « les entreprises françaises ont mis un peu plus de temps que les autres à prendre conscience du risque et à faire en sorte de s’en protéger. »

Au sein de l’atelier « intelligence économique », qu’il anime avec l’appui de la Mission économique de Sablé, on parle sécurité et protection des informations. L’an passé, un agent de la DST (1) a mis en garde contre le piratage informatique et les actes de malveillance.

« J’ai perdu un mois de travail »

« Ce que je redoute le plus, c’est un clic déplacé au moment d’envoyer un mail confidentiel », avoue Philippe Gobin, directeur de MS relais, spécialiste, sous la marque Mors Smitt, des produits destinés au marché ferroviaire mondial. « Recevoir par mail des offres commerciales faites par vos concurrents à l’un de vos clients ou toute autre donnée confidentielle, c’est de l’or. Personne n’est à l’abri d’une telle maladresse. »

Autre danger. « En déplacement, mieux vaut utiliser une clé USB que vous gardez dans votre poche. Et ne stocker que les données dont vous avez besoin. Un ordinateur portable est facile à pirater », rapporte Philippe Cador. « Ne pas ouvrir son ordinateur dans le train ou l’avion. Ni parler de sujets confidentiels en public, poursuit Philippe Gobin. Utiliser le broyeur de documents au maximum. Bannir les connexions sans fil ou sur un réseau tiers. »

Philippe Cador a aussi réalisé qu’il était « préférable de doubler tout le système de sauvegarde de données » de son entreprise. Par crainte d’un acte de malveillance ou d’une panne. « Une fois, on m’a volé un ordinateur. Ce jour-là, j’ai perdu un mois de travail. Un vrai cauchemar ! » Grâce à ses ateliers, les chefs d’entreprises savent désormais qu’ils doivent se méfier de l’informatique. Mais aussi de bons vieux trucs qui font toujours recette. « L’argent, la flatterie, le sexe... C’est la DST qui le dit. Les méthodes pour obtenir des renseignements n’ont finalement pas beaucoup évoluées », sourit Philippe Cador.

(1) La Direction de la surveillance du territoire est un service de renseignement placé sous l’autorité du ministère de l’Intérieur. La protection du patrimoine économique et scientifique français, c’est-à-dire l’intelligence économique, fait partie de ses compétences.


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