vendredi 15 décembre 2017

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Mauritanie : la DGSE traque les assassins des Français

Arielle Thedrel, le Figaro, avec AFP

lundi 14 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Une vaste opération conduite par les services secrets français a permis l’arrestation de deux des meurtriers présumés.

L’arrestation, après dix-sept jours de cavale, de deux des trois assassins des touristes français tués le 24 décembre en Mauritanie a été présentée par une source proche des services de renseignements français, comme « le résultat d’une vaste opération menée par des équipes de la Direction générale de la sécurité extérieure » (DGSE) en Mauritanie, au Sénégal et en Guinée-Bissau. Une opération conduite par des membres du service Action. Ce service comprend quelque 500 hommes et femmes d’élite rompus à l’action clandestine. Des policiers français de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont également été associés à l’opération.

Aucune autre information n’a été apportée sur cette longue traque. Il semble toutefois, selon une source proche de l’enquête, que les tueurs présumés aient voulu dans un premier temps se rendre au Mali voisin. Le dispositif mis en place par la gendarmerie sénégalaise les en aurait dissuadé. Ils se sont donc dirigés vers Richard-Toll, Saint-Louis, puis Dakar, selon cette même source, qui précise qu’ils étaient « filés » par les enquêteurs. Ils seraient arrivés à Dakar à bord d’un taxi-brousse pour se rendre « chez un de leurs amis à Yoff », un quartier populaire dans la banlieue de Dakar. Après Dakar, les tueurs présumés ont pris la route de la Gambie pour « chercher refuge chez des Mauritaniens. On leur avait donné le nom d’un responsable islamique, mais ils n’ont pas retrouvé cette personne ». Ils ont donc repris la route, ont traversé la Casamance avant d’entrer en Guinée-Bissau, où ils ont été arrêtés, puis extradés vers la Mauritanie.

Le troisième suspect en fuite

Proches de la branche d’al-Qaida au Maghreb (ex-GSPC), Sidi Ould Sidna, âgé d’une vingtaine d’années, et Ould Sidi Chabarnou, 26 ans, auraient subi un entraînement militaire dans le Grand Sud algérien. Selon la police mauritanienne, le premier était chargé de recruter de nouveaux djihadistes destinés à combattre en Somalie. Les deux hommes n’auraient exprimé aucun remord d’avoir tué « des infidèles et des alliés des Américains ». « La Guinée-Bissau va payer très cher le fait d’avoir maltraité les combattants de Dieu », a ajouté l’un d’eux.

Selon une source proche de l’enquête, l’attaque aurait été « une tentative d’enlèvement qui a mal tourné ». De même, ils n’ont opposé aucune résistance lors de leur arrestation dans la nuit de jeudi à vendredi au Bissau Palace Hôtel, où ils se faisaient passer pour des hommes d’affaires. Ould Sidna et Chabarnou, qui disposaient de solides moyens financiers, y attendaient, semble-t-il, un contact ou des instructions. Ils comptaient apparemment se réfugier en Algérie, via Conakry, capitale de la Guinée. Le troisième assassin présumé, Maarouf Ould Haiba, une recrue récente des groupes djihadistes, est toujours en fuite. Trois autres Mauritaniens ont par ailleurs été interpellés vendredi soir et extradés eux aussi vers Nouakchott. La police leur reproche d’avoir porté assistance aux fugitifs.


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