dimanche 22 octobre 2017

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« Ne pas confondre lobbying et groupes de pression »

Propos recueillis par Samuel Laurent, le Figaro

mardi 15 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Dans un rapport présenté mardi en commission, Jean-Paul Charié, député UMP du Loiret, préconise l’officialisation du lobbying à l’Assemblée. Il explique ses raisons au figaro.fr.

Quelle est votre définition du lobbying ?

Un lobbyiste, c’est quelqu’un qui doit informer l’ensemble des acteurs politiques des conséquences d’une législation, mais en respectant des principes éthiques, et sans chercher à les influencer dans tel ou tel sens. Je suis outré lorsque je vois qu’outre-Atlantique, le lobbying est souvent accaparé par des groupes de pression qui achètent les élus. Ce n’est pas ma conception. Il ne faut pas confondre les lobbying et groupes de pression.

A partir du moment où l’on comprend qu’un lobby vise avant tout à informer, on ne peut que soutenir le développement du lobbying. Car aujourd’hui, on ne peut faire de bonnes lois que si l’on s’informe auprès de non-politiques des contraintes pratiques.

Pourquoi faut-il l’officialiser en France ?

Aujourd’hui, les députés doivent arrêter de voir uniquement au travers de leur petite expérience locale. Il faut croiser les regards, multiplier les informations. Mon projet demande une modification du règlement de l’Assemblée, pour officialiser le métier de lobbyiste, leur donner un statut professionnel, et une fonction : celle d’informer les parlementaires, dans la plus grande transparence, des conséquences pratique d’une loi sur tel ou tel secteur.

Pour assurer l’équilibre entre toutes les parties sur un dossier, je propose l’instauration de deux niveaux : les lobbyistes permanents et d’autres qui pourraient être nommés temporairement, lorsque nous discutons de tel ou tel sujet qui les concerne. Je propose aussi et c’est une petite révolution une salle réservée aux lobbyistes à l’Assemblée. Ils viendraient en fonction du sujet débattu dans l’hémicycle.

Comment comptez-vous assurer la transparence de ce système ?

Il faut que l’ensemble des parlementaires soient capables de dire publiquement qui ils ont consulté, et il faut qu’ils voient également des représentants de minorités. Je compte donc mettre en place un annuaire des lobbyistes, consultable sur Internet. Je compte également créer un fichier par spécialisation des députés, qui soit mis à jour en continu. En tant qu’élu, on est surinformé, il faut que les lobbyistes sachent à qui s’adresser pour cibler leur communication.

J’ai également prévu une commission de surveillance, qui sera créée avec le Sénat, et où un parlementaire qui s’estime mal informé pourra déposer un recours. Le but, c’est d’obtenir une égalité d’informations entre les différentes parties sur un dossier. Mais les parlementaires doivent aussi se faire des réflexions éthiques. Chacun doit s’obliger à consulter les lobbyistes de toutes les parties, même les plus petits. Arrêtons d’avoir peur, faisons confiance à l’intégrité de nos députés.

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Télécharger le rapport : Livre bleu du lobbying en France

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