mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Défense > International > Les propos attribués au secrétaire US à la Défense irritent les pays (...)

Les propos attribués au secrétaire US à la Défense irritent les pays alliés

AP

jeudi 17 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Les propos attribués au secrétaire américain à la Défense, selon lesquels les troupes déployées dans le sud de l’Afghanistan par certains des plus proches alliés des Etats-Unis ne sont pas à la hauteur, ont suscité ce mercredi surprise et incrédulité, y compris au Canada.

Le ministère néerlandais de la Défense a convoqué l’ambassadeur américain pour qu’il lui fournisse des explications au sujet d’un article du Los Angeles Times selon lequel Robert Gates s’est plaint de ce que les troupes de l’OTAN en mission dans le sud de l’Afghanistan ne savent pas comment affronter une guerre de guérilla.

Un parlementaire britannique a vivement dénoncé les commentaires.

Les troupes canadiennes, britanniques et néerlandaises sont le fer de lance des combats dans le sud de l’Afghanistan.

Le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a pris la défense de son homologue américain, ce mercredi. Il a assuré que la critique ne visait aucunement le Canada, et a affirmé que M. Gates lui avait téléphoné pour s’excuser de cet affront non intentionnel, affirmant que ses propos avaient été mal interprétés.

« Vous remarquerez qu’il n’y aucune mention du Canada dans cette déclaration », a-t-il affirmé, ajoutant que le secrétaire à la Défense n’avait que des éloges envers les soldats canadiens.

Les propos attribués à M. Gates ont touché une corde sensible au Canada, à un moment où le gouvernement conservateur de Stephen Harper tente de convaincre des citoyens réticents que la mission à Kandahar devrait se poursuivre.

Des représentants américains à Washington ont déclaré mercredi que M. Gates ne parlait pas de certains pays en particulier, mais de l’alliance dans son ensemble.

Mais selon Denis Coderre, porte-parole libéral en matière de défense, de tels commentaires traduisent à tout le moins un manque de sensibilité, alors qu’un soldat canadien est mort mardi, près de Kandahar. « Nous payons le prix en vies humaines, a-t-il dit. Nos hommes et nos femmes savent comment se battre. Nous devons savoir de qui il parlait, de quels pays. »

Les néo-démocrates, qui sont opposés à la guerre et réclament le retrait immédiat des troupes canadiennes, ont qualifié les commentaires cités de « totalement inappropriés ».

A Washington, le porte-parole du secrétaire à la Défense, Geoff Morell, n’a pas contesté l’exactitude des propos attribués à M. Gates par le journal, mais il a estimé que l’article donnait une fausse impression. M. Gates « n’a jamais - ni au L.A. Times ni en n’importe quelle autre circonstance - critiqué publiquement aucun pays pour sa performance ou son engagement envers la mission en Afghanistan », a dit M. Morrell aux journalistes.

M. Gates a plutôt souligné que l’OTAN, en tant qu’alliance, ne s’entraîne pas à la contre-insurrection et n’a jamais eu à le faire auparavant, a ajouté M. Morrell.

Au siège social de l’OTAN, le secrétaire général de l’organisme, Jaap de Hoop Scheffer, s’est rapidement porté à la défense des troupes alliées, assurant que « toutes les troupes qui sont dans le sud de l’Afghanistan font un excellent travail. Point final ».

En privé, plusieurs représentants de l’OTAN se montraient horrifiés des commentaires allégués de M. Gates, disant craindre qu’ils n’accentuent les tensions au sein de l’alliance militaire, alors que le Canada, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont généralement soutenu Washington dans ses efforts pour inciter des alliés plus réticents à en faire davantage pour combattre les talibans.

Un officier supérieur d’un des pays impliqués dans les combats dans le sud de l’Afghanistan a affirmé que les forces canadiennes et européennes avaient remporté d’éclatants succès contre les insurgés talibans.

Environ 2500 militaires canadiens sont impliqués dans la mission afghane - la majorité d’entre eux dans la province de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan.

Depuis 2002, 78 Canadiens ont péri en Afghanistan - 77 militaires et un diplomate. Le plus récent décès canadien remonte à mardi, quand un soldat québécois de 26 ans, Richard Renaud, a perdu la vie quand son véhicule blindé léger a sauté sur un engin explosif artisanal. Le cavalier Renaud, originaire d’Alma, était basé à Valcartier.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :