lundi 18 décembre 2017

Accueil du site > Intelligence économique > Les enjeux de l’intelligence économique dans le domaine (...)

Les enjeux de l’intelligence économique dans le domaine agricole

Intelligence-economique.gouv.fr

vendredi 18 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Alain Juillet, Haut responsable chargé de l’intelligence économique, a souhaité laisser la parole aux acteurs de l’IE dans la rubrique “éditorial” de son site internet. Ce mois-ci, c’est avec plaisir que le site du HRIE accueille le ministère de l’agriculture qui présente son dispositif d’intelligence économique.

La population mondiale a doublé durant les cinq dernières décennies. Si le taux d’accroissement actuel de 1,3% par année persiste, la population doublera encore en seulement 50 ans. En revanche, l’augmentation de la production de nourriture par hectare de terre ne suit plus l’explosion démographique et la superficie cultivée n’augmentera que de 2% d’ici 2050.

Les sciences du vivant sont un formidable espoir pour les populations que nos enfants et petits-enfants devront nourrir. Or, pour accomplir cette mission, nous devons gagner en productivité, rivaliser d’ingéniosité pour développer de nouvelles méthodes de culture et d’élevage, investir dans des technologies innovantes et commercialiser des produits qui satisfassent quantitativement et qualitativement les consommateurs de demain.

Par ailleurs, certains pays « clients » sont devenus des concurrents alors que d’autres pays, jusque là autonomes, dépendent aujourd’hui de nos produits bruts ou transformés.

La France est à la fois le troisième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires et le premier producteur de la Communauté Européenne. A elle seule, la France représente, grâce à sa production de céréales (blé, maïs), de sucre, de vin, de produits laitiers, de fruits et légumes, de bétail et produits carnés, près d’un quart de la production européenne totale.

L’industrie agroalimentaire française représente 10 000 entreprises dont 90% de PME et constitue le premier secteur industriel en chiffre d’affaire (145 milliards d’euros en 2006) et le deuxième en termes d’emplois (420 000)

C’est donc dans un contexte où la demande mondiale en produits agricoles bruts ou transformés explose, où les protagonistes deviennent tout à tour producteurs ou consommateurs, où les acteurs économiques et industriels investissent des sommes colossales en recherche et développement que la France, terre de valeur et de tradition mais aussi de recherche et d’innovation, comme en témoigne le nombre de pôles de compétitivité dans le domaine de l’agroalimentaire ou de l’agro-industrie (17 sur 71), doit s’imposer dans un univers concurrentiel impitoyable où compte tenu des enjeux certains pays cherchent à combler leur retard par le pillage technologique.

La mobilisation du ministère de l’agriculture et de la pêche

Le ministère de l’agriculture et de la pêche, et plus précisément la direction des politiques économique et internationale s’est doté, dès 1999, d’un chargé de mission ministériel à l’intelligence économique puis a logiquement inscrit son action dans le cadre de la politique nationale d’intelligence économique animée depuis 2003 par Alain Juillet.

Aujourd’hui, sous l’impulsion de Michel Barnier, le ministère de l’agriculture et de la pêche développe une véritable politique de la prospective et de la stratégie dans laquelle s’insère, tout naturellement, l’intelligence économique.

Un coordonnateur ministériel à l’intelligence économique (CMIE) a été désigné et placé sous l’autorité du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité. Ainsi placé de façon très transversale, le CMIE a toute latitude pour coordonner les différentes actions au sein du ministère en liaison avec tous ses partenaires. Ses liens tant avec les directions centrales, que les offices, les entreprises ou les organisations professionnelles s’en trouvent facilités, voire renforcés, et participent, à la fois, à une meilleure diffusion de la culture de l’intelligence économique et à une action plus opérationnelle dans le domaine de la sécurité économique ou encore à un soutien de proximité aux entreprises.

Un plan d’action du ministère de l’agriculture et de la pêche a été arrêté pour 2008 par le comité de pilotage à l’intelligence économique qui réunit, sous la présidence du directeur de cabinet, les directeurs d’administration centrale. Ce plan prévoit des actions pour la diffusion de l’intelligence économique et pour la sécurité économique et le soutien aux entreprises.

Diffusion de l’intelligence économique :

Une circulaire organisera l’action de l’intelligence économique au sein de l’administration centrale et des services déconcentrés, en particulier des directions régionales de l’agriculture et de la forêt (DRAF) et prodiguera également conseils et recommandations pratiques à l’usage des agents du ministère notamment pour les déplacements à l’étranger ou dans les salons internationaux. Conformément à la circulaire du 13 septembre 2005 signée par le Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, qui confie l’application du volet territorial de l’intelligence économique aux préfets de région, ceux-ci seront destinataires de la circulaire.

Des actions de sensibilisation seront dirigées spécifiquement vers les attachés agricoles à l’occasion du salon international de l’agriculture et les directeurs régionaux de l’agriculture et de la forêt. De même, des modules de formation « intelligence économique » dispensés dans certaines écoles de commerce seront examinés pour une éventuelle adaptation aux filières agronomiques. Toujours dans le même esprit, les entreprises des 17 pôles de compétitivité à vocation agricole ou agro-industrielle seront sensibilisées grâce à des ateliers organisés dans les sept zones de défense.

Sécurité économique et soutien aux entreprises :

En étroite collaboration avec le ministère de l’économie, des finances et de l’emploi, les fonds d’investissements et les fonds souverains acteurs dans l’agro-industrie seront identifiés. Cette action rejoint, encore une fois, l’une des nombreuses initiatives du Haut responsable à l’intelligence économique (10 fiches pratiques : levée de fonds et maitrise de l’information stratégique). Une démarche ouverte vers les think-tanks et les organisations non gouvernementales les plus représentatives sera également initiée dans le but de mieux percevoir nos interlocuteurs pour que nous imaginions, ensemble, des solutions concrètes et associées à des points de vue parfois peu éloignés sur le fond.

Ainsi, c’est par une approche pragmatique dans un environnement concurrentiel mais riche en opportunité que le ministère de l’agriculture et de la pêche décline dans le secteur dont il a la charge, la politique nationale d’intelligence économique animée par le Haut responsable à l’intelligence économique et ses collaborateurs.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :