dimanche 10 décembre 2017

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Terrorisme : les services européens en état d’alerte

Arnaud de La Grange, le Figaro

lundi 21 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Un groupe pakistanais vient d’être démantelé en Espagne. Et la concentration de nombreux chefs d’État au sommet de Davos fait craindre le pire.

C’est comme si un « Davos parallèle », cette fois-ci formé non de militants altermondialistes mais de dangereux activistes islamistes, s’or­ganisait dans les zones d’ombre de l’Europe. Plusieurs services de renseignement européens ont tiré ce week-end le signal d’alarme, re­doutant que le grand rendez-vous annuel des acteurs clés de la mondialisation, qui s’ouvre mercredi en Suisse, ne soit salué par une meurtrière salve d’attentats. De nombreux dirigeants de la planète  comme le président pakistanais Pervez Musharraf profitent en ou­tre de Davos pour faire une tournée européenne.

C’est en Espagne que l’alerte est la plus chaude. Les autorités ont démantelé samedi un groupe d’is­lamistes radicaux, soupçonnés de préparer un attentat à Barcelone. Curieusement, il ne s’agit pas cette fois-ci d’activistes originaires du Maghreb, mais issus du sous-continent indien.

Sur les quinze suspects interpellés, douze sont des Pakistanais et deux autres des Indiens. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, affirme dé­tenir des preuves qu’il s’agit d’un « groupe islamiste radical, avec un niveau important d’organisation », qui était sur le point de passer de la « radicalisation idéologique » aux « ac­tions violentes ». Divers matériaux destinés à la fabrication d’ex­plosifs ainsi que quatre minuteurs pouvant servir à déclencher des bombes ont été saisis. Les perqui­sitions ont été me­nées dans cinq domiciles du quartier du Raval, près du centre de Barcelone, où vit une forte population immigrée.

« Cellules itinérantes »

Madrid a précisé que cette opération avait pu être menée grâce aux informations recueillies par les services secrets espagnols (CNI) ainsi que par les agences de renseignement d’autres pays. Le CNI aurait averti la DGSE française et le MI 5 britannique de risques d’at­tentats liés à la visite cette se­maine du président Musharraf à Paris et à Londres. Le chef de l’État pakistanais a entamé hier une tournée européenne qui le conduira en Belgique, en France, en Grande-Bretagne et au Forum économique de Davos. Il doit être reçu à l’Élysée demain. Des « cellules itinérantes » formées de militants d’origine pa­kistanaise circuleraient à travers l’Europe.

Depuis les sanglants attentats du 11 Mars , qui avaient fait 191 morts et près de 2 000 blessés à Madrid en 2004, les services espagnols appliquent facilement le « principe de précaution ». Mais leurs craintes sont aujourd’hui par­tagées par d’autres agences.

« Depuis quelques semaines, il y a ce que nous appelons un bruit de fond inquiétant, explique un spécialiste français, cela recouvre des échanges accrus de mails entre in­dividus suspects ou des voyages transfrontaliers. Et, bien sûr, des consignes données sur Internet par les idéologues d’al-Qaida pour frapper les Européens et les Occidentaux d’une manière plus générale. » Les ser­vices français se sont récemment alarmés d’appels croissants à frapper la France, émanant de mouvance d’al-Qaida au Maghreb islamique (ex-GSPC), notamment en raison de la solidarité avec Wa­shington affirmée avec une conviction nouvelle par Nicolas Sarkozy. Et si, à Paris, l’on redoute surtout les activistes venus du Maghreb, on rappelle que quelque 50 000 Pakistanais pour la moitié clandestins résident en France.

La menace est donc perma­nente, mais particulièrement vive cette semaine. Le Forum de Davos réunit plus de 2 500 participants, dont un plateau unique de grands patrons et de dirigeants politiques. Outre Pervez Musharraf, sont attendus le premier ministre britannique Gordon Brown ainsi que la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice. Et l’on sait que les djihadistes aiment les symboles, comme lorsqu’ils avaient endeuillé Londres en 2005, au moment où Tony Blair présidait un sommet du G8 en Écosse.


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