mercredi 13 décembre 2017

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Saisie d’une pièce clé du dossier Clearstream

Mathieu Delahousse, le Figaro

mardi 22 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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L’ordinateur de l’informaticien Imad Lahoud a été remis tout récemment aux magistrats. L’analyse de son contenu pourrait être

Les juges d’Huy et Pons ont reçu une pièce à conviction qu’ils n’attendaient plus. Selon nos in­formations, un ordinateur portable leur a été livré vendredi au pôle financier. Il a immédiatement été placé sous scellés.

Cet ordinateur appartenait à Imad Lahoud, l’informaticien d’EADS mis en examen pour « faux » et « dénonciation calomnieuse ». Il a suivi un parcours digne d’un roman d’espionnage, mais il pourrait grandement éclairer l’affaire, notamment les instants clés des années 2003 et 2004, au moment où les faux listings de la chambre de compensation luxembourgeoise ont été falsifiés.

L’homme qui est venu remettre cet ordinateur de marque Sony aux magistrats s’appelle François Gontier. Partie civile dans l’affaire Clearstream, il est très connu dans les milieux de la finance. Récent repreneur de la société de portefeuille Verneuil Participations, il di­rige par ailleurs le holding Électricité et Eaux de Madagascar. Il est aussi actionnaire des poulets Duc.

Livraison longtemps promise

En septembre dernier, il avait réclamé une entrevue avec les juges de l’affaire Clearstream pour leur annoncer qu’il avait trouvé cet ordinateur dans un « pays du Golfe » et qu’il entendait bien le ramener à la justice française.

Selon lui, Imad Lahoud aurait offert ce portable à sa sœur pour son anniversaire en avril 2004 au Liban. L’appareil aurait ensuite été confié par la famille à un avocat de Beyrouth avant d’être transmis à François Gontier. La livraison aux juges, longtemps promise, s’était fait attendre : convoqué le 7 janvier, le financier n’était pas venu.

Aujourd’hui, c’est le contenu du disque dur qui suscite les interrogations. La période d’utilisation de cet ordinateur par Imad La­houd est en effet essentielle pour comprendre l’implication présumée de l’informaticien au moment où les listings étaient truqués et alimentés de noms d’industriels et d’hommes politiques. Avec qui communiquait alors Imad La­houd ? A-t-il été instrumentalisé ? Quels documents consultait-il sur son ordinateur ? Interrogé par les juges début janvier sur le contenu d’un autre de ses ordinateurs ce­lui utilisé en 2003 il avait évoqué de banales recherches effectuées sur Google au moment où le nom Clearstream commençait à être évoqué.

Placé sous scellés, l’ordinateur doit maintenant être remis aux experts dont le savoir-faire tech­nique, jusque-là, a toujours su « faire parler » les disques durs, y compris ceux qui avaient été effacés soigneusement.

En septembre, François Gontier s’était déjà manifesté auprès des juges pour faire des décla­rations gênantes à l’égard de Do­minique de Villepin. Il avait assuré que l’ancien premier ministre était intervenu pour aider Imad La­houd à obtenir une place au lycée français de Beyrouth en 2004. À cette date, Dominique de Villepin a toujours assuré qu’il ne connaissait pas encore Imad Lahoud.


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