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L’officier assassiné à Beyrouth était chargé des enquêtes sur les précédents attentats

Mouna Naïm, le Monde

samedi 26 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Après avoir visé des hommes politiques, des journalistes et des intellectuels de la majorité politique, le terrorisme cible désormais au Liban les organismes de sécurité, seules institutions à jouir encore d’une certaine cohésion.

L’attentat à la voiture piégée qui a tué, vendredi 25 janvier, le capitaine Wissam Eïd, visait aussi bien l’un des plus fins limiers des services de renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI, police) que ces dernières. De la même manière, l’assassinat, le 12 décembre 2007, du général François Al-Haj, ciblait aussi bien le chef des opérations militaires de l’armée et successeur présuméde son commandant en chef que l’institution militaire elle-même.

Click Here ! L’attentat de vendredi, qui a été commis dans la région de Hazmiyeh, à la périphérie sud-est de Beyrouth, a tué trois personnes, outre le capitaine Eïd. Quarante et un civils ont été blessés. Des dizaines de voitures, garées dans un parking proche du lieu de l’attentat, ont pris feu. Les immeubles voisins ont été très endommagés. Comme les actes terroristes précédents, qui ont visé tant des personnes que des biens, il n’a pas été revendiqué.

Il a été condamné par toutes les formations de l’opposition et de la majorité. A mots couverts ou sans détour, plusieurs personnalités de la majorité ont accusé la Syrie de l’avoir commandité. Damas s’est empressé de dénoncer l’attentat.

Le gouvernement a décrété samedi jour de deuil officiel.

D’après le major-général Achraf Rifi, directeur des FSI, le capitaine Eïd, ingénieur électronicien, était en charge de " dossiers très importants ", dont ceux " relatifs à des attentats et des actes terroristes ". Il dirigeait en fait le service des écoutes, qui a apporté de précieuses informations notamment dans l’enquête relative à l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, en février 2005, alors que le processus de création d’un tribunal à caractère international chargé de juger les présumés coupables est en bonne voie.

Pour le ministre de l’intérieur, Hassan Al-Sabeh, les FSI ont été visées en raison du " progrès qualitatif " enregistré dans leur travail. Leurs services de renseignements sont en particulier généralement jugés très efficaces. Ces services sont régulièrement critiqués par l’opposition, qui accuse l’ensemble du corps de police d’être un instrument de la majorité politique.

Comme le général Al-Haj, le capitaine Eïd a joué, entre autres, un rôle important dans la lutte, à l’été 2007, contre les djihadistes du Fatah Al-Islam et dans le démantèlement de cellules de ce groupe.

Il a été blessé le 20 mai lors du déclenchement de la guerre contre ces djihadistes dans la ville de Tripoli, au Liban nord. Il était déjà dans le collimateur des terroristes il y a deux ans. Une grenade avait en effet été lancée devant son domicile en février 2006.

Huit mois plus tard, le 5 septembre 2006, le numéro deux de ces mêmes services de renseignements, le lieutenantcolonel Samir Chéhadé, avait été blessé dans un attentat à l’explosif à l’entrée de la ville de Saïda, chef-lieu du Liban sud. Il était notamment impliqué dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri.

Le capitaine Eïd a été assassiné quarante- huit heures avant une réunion, prévue dimanche au Caire, des ministres des affaires étrangères arabes, pour entendre un rapport du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, sur les résultats de sa dernière mission au Liban. Présentant les modalités de mise en application d’une " feuille de route " arabe pour sortir de la crise politique qui paralyse le pays, M. Moussa s’est heurté à la lecture qu’en fait l’opposition libanaise.

Cette " feuille de route " prévoit que le futur président de la République tiendra, via ses propresministres, le rôle d’arbitre entre la majorité et l’opposition au sein d’un futur gouvernement d’union nationale. Pour les opposants, cela veut dire qu’ils devraient disposer d’un nombre de portefeuilles égal à celui qui sera attribué tant au chef de l’Etat qu’à la majorité. Cette interprétation est rejetée par M. Moussa et par la majorité politique libanaise.

Des secouristes et des forces de l’ordre sur les lieux de l’attentat, le 25 janvier 2008. - REUTERS/JAMAL SAIDI


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