vendredi 15 décembre 2017

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Paris et New Delhi renforcent leur coopération contre le terrorisme

Natalie Nougayrède, le Monde

samedi 26 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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A l’occasion de son premier déplacement en Inde, vendredi 25 et samedi 26 janvier, Nicolas Sarkozy a mis l’accent sur l’intensification, en relation avec le géant asiatique, de la lutte des démocraties contre les réseaux terroristes et le fondamentalisme islamique. Cette orientation, qui constitue une inflexion du " partenariat stratégique " entre la France et l’Inde, vieux de dix ans, prévoit un renforcement de la coopération bilatérale, notamment au moyen de contacts opérationnels accrus.

C’est – avec la coopération en matière de nucléaire civile et la coopération militaire – l’un des points essentiels de la " déclaration conjointe franco-indienne " rendue publique, vendredi, au premier jour de la visite d’Etat de M. Sarkozy. Le voyage devait se prolonger, samedi, avec la grande parade militaire annuelle célébrant la Constitution de l’Inde.

L’accent mis sur l’antiterrorisme semble répondre à plusieurs préoccupations côté français. D’une part, l’évolution de la situation en Afghanistan, où la France entretient un contingent au sein de la force de l’OTAN, dans un contexte de reprise des attaques talibanes ; d’autre part, le problème que posent les connexions qui auraient été détectées entre des groupes islamistes présents au Waziristan, région tribale du Pakistan, des groupes actifs en Inde, au Cachemire, et des groupes se réclamant d’Al-Qaida au Maghreb, avec des relais en Europe.

" L’intégrisme islamique s’exprime en Inde comme il s’exprime en Europe, notamment en France ", a déclaré M. Sarkozy à la presse, à l’issue de ses entretiens avec le premier ministre indien, Manmohan Singh. " C’est l’ensemble des démocraties du monde qui est confronté aumême adversaire ", a-t-il poursuivi. " L’Inde est dans le camp des démocraties. L’Inde lutte contre le fondamentalisme. Nous aussi. " M. Sarkozy, qui a multiplié ces derniers temps les appels à la mobilisation contre Al-Qaida, s’est félicité du renforcement de la coopération avec les services secrets indiens. Il a également évoqué ce thème en recevant, à Paris, le 22 janvier, le président pakistanais, Pervez Musharraf.

Le recours aux liens tissés avec des services secrets étrangers dans la lutte contre les réseaux djihadistes est l’un des traits de l’action extérieure de M. Sarkozy.

Le premier ministre indien, M. Singh, a semblé réceptif à cette approche. " Il est très important que la France et l’Inde partagent du renseignement, a-t-il renchéri, pour la défense des valeurs qui nous sont communes. " Sur d’autres questions – le nucléaire civil, la place de l’Inde, puissance émergente, dans les institutions internationales, et la défense de l’environnement –, le message de M. Sarkozy s’inscrivait dans une grande continuité avec l’action de M. Chirac. Un accord a ainsi été paraphé, vendredi, pour ouvrir le champ d’une large coopération dans le nucléaire civil, dont les responsables français espèrent qu’elle donnera lieu, à terme, à des ventes de réacteurs EPR à l’Inde.

Mais sa mise en oeuvre est suspendue au sort de l’accord que l’Inde et les Etats- Unis ont conclu, au mois d’août 2007, dans le même domaine, qui fait l’objet de contestations politiques dans ces deux pays et n’a pas encore été agréé par les organisations internationales.

" La France sera l’avocat de l’Inde pour le nucléaire civil ", a dit M. Sarkozy. De même, a-t-il assuré ses hôtes, que Paris allait " militer " pour que le G8 soit élargi à l’Inde, et qu’elle obtienne un jour un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, en visite à New Dehli quelques jours plus tôt, avait tenu des propos semblables.

Comme il l’a fait avec la Chine – autre pays émergent et grand pollueur –, M. Sarkozy a conclu avec l’Inde une déclaration commune sur la protection de l’environnement. La France, dont la part de marché en Inde n’est que de 1,8 %, mise sur une pénétration de ses grands groupes notamment présents dans le retraitement de l’eau. En matière de ventes d’armements, ou d’aéronautique, le voyage de M. Sarkozy, présenté comme " avant tout politique ", n’a donné lieu à aucune annonce de contrat.

Le PDG d’Arcelor-Mittal pris à partie par M. Sarkozy

Nicolas Sarkozy a pris publiquement à partie, vendredi 25 janvier, à New Delhi, le PDG d’Arcelor-Mittal, Lakshmi Mittal, lors d’un discours clôturant une conférence économique franco-indienne. "Il a pu y avoir, et la France n’est pas exempte de reproches, tel ou tel problème pour tel ou tel investisseur indien en France. Vous vous sentez visé [rires], vous avez raison [rires] ", a lancé le chef de l’Etat français au PDG indien, assis face à lui. M. Sarkozy faisait allusion à la décision du numéro un mondial de l’acier de supprimer 595 des 1 008 emplois de son usine de Gandrange (est de la France). M. Mittal doit être reçu, lundi, à l’Elysée par Nicolas Sarkozy, a indiqué, vendredi, à Paris la présidence française. – (AFP.)


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