lundi 23 octobre 2017

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L’Agence de l’innovation industrielle espère financer une douzaine de projets d’ici à la fin 2005

Nathalie Brafman, le Monde

mardi 30 août 2005, sélectionné par Spyworld

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Lors de son déplacement à Reims, Jacques Chirac a installé l’Agence de l’innovation industrielle (AII). En 2004, il avait demandé au PDG de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa, de réfléchir aux "conditions d’une relance ambitieuse d’une politique de grands projets scientiques et technologiques".

M. Beffa avait remis son rapport mi-janvier et plaidé pour que l’innovation industrielle fonctionne sur le modèle japonais : les responsables d’un programme s’engagent à faire travailler des PME et des laboratoires publics, en associant à leur recherche les clients potentiels.

M. Beffa présidera le conseil de surveillance de l’AII qui comprendra cinq autres personnalités qualifiées, dont Jean-François Dehecq (Sanofi Aventis), Didier Lombard (France Télécom), Pasquale Pistorio, ancien président de STMicroelectronics, ou encore Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie.

Ce conseil comportera aussi trois syndicalistes, quatre parlementaires... Robert Havas (60 ans), actuel directeur du financement et de la coopération recherche et développement chez Thomson, va quitter ses fonctions pour présider le directoire. Il aura à ses côtés François Demarcq, ancien directeur de l’Ademe, et Michel Rebuffet (EADS).

Si la France affiche de belles réussites dans les domaines spatial, nucléaire ou ferroviaire, M. Beffa considère qu’il est primordial de lancer de nouveaux programmes. D’autant que tous les grands pays font un effort important dans les hautes technologies. L’objectif de l’AII est de créer des emplois à haut niveau dans ces secteurs et, au-delà, d’avoir un effet d’entraînement sur l’emploi. L’AII sera dotée dès 2005 d’un milliard d’euros et d’un autre milliard en 2006 grâce aux privatisations.

Quatre projets franco-allemands sont déjà prêts. Ils ont réuni des industriels et des laboratoires de recherche des deux côtés du Rhin. Deux projets relèvent du secteur biomédical : imagerie moléculaire à très hauts champs et système de diagnostic et de soins à partir de l’observation et de la détection d’anomalies moléculaires ; deux relèvent des technologies de l’information : les réseaux multimédias du futur et la création d’un moteur de recherche multimédia.

Baptisé Quaero, ce programme est le plus ambitieux à ce jour. Destiné à concurrencer les technologies américaines de recherche sur Internet développées par Google, Yahoo ! et MSN, il doit permettre d’indexer et de retrouver tout document, texte, image ou son, à partir de banques d’images, de sons et de vidéo. Ces quatre projets réunissent des industriels et des laboratoires français et allemands.

D’ici à la fin de l’année, M. Beffa espère boucler une douzaine de projets. L’agence aura une mission de prospection. Un des membres du directoire sera plus particulièrement chargé d’aller voir ce qui se passe dans les laboratoires de recherche fondamentale et de faire la liaison avec des entreprises. Mais "il s’agit de projets menés par des entreprises privées pour le marché privé en association avec des laboratoires de recherche publique", indique M. Beffa.

Côté financement, l’AII interviendra sous forme de subventions ou d’avances remboursables. En réalité, les projets très coûteux seront financés par des avances et les moins coûteux par des subventions. Avec toujours le même souci : garder un équilibre public-privé.

A peine née, l’AII a déjà ses détracteurs. L’institut Montaigne, un centre de réflexion patronal créé par Claude Bébéar, s’interroge sur l’opportunité de créer une agence supplémentaire. Dans sa lettre Amicus Curiae d’août, il souligne qu’il y a "pléthore d’agences diverses et variées qui se mutliplient chaque fois qu’un nouveau problème se pose, sans remise en cause des institutions existantes".

Quatre projets retenus

Parmi les propositions de programmes identifiés pour recevoir le soutien de l’Agence de l’innovation industrielle, M. Chirac a cité dans son discours "le développement d’un moteur de recherche multimédia sur Internet" et "des programmes dans le secteur en pleine expansion de la téléphonie mobile et des terminaux multimédia". Le projet de moteur de recherche multimédia, qui est un des quatre projets franco-allemands susceptibles d’être soutenus par l’Agence, est baptisé "Quaero". Il aura pour principales applications l’aide à la création et la production audio, vidéo, texte et image, l’archivage et la préservation du patrimoine multimédia, la création de bibliothèques numériques, des services de recherches multimédias, des services de transcription et de traduction et la protection et la surveillance de contenus, indique le dossier de presse. Le développement de ce projet sera réalisé conjointement par des réseaux de recherche publique et d’acteurs industriels, dont Thomson, Deutsche Telekom et France Télécom.

Les trois autres projets franco-allemands concernent les réseaux multimédias du futur, l’imagerie moléculaire à très hauts champs "pour mieux comprendre et soigner les maladies neuro-dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer", et la biophotonique, qui permettra de "mieux soigner par exemple les cancers de la peau", a expliqué M. Chirac.

Bruxelles veille au respect des lois sur les OPA

Alors que le gouvernement veut publier par décret dans les prochaines semaines la liste des secteurs industriels stratégiques (défense, cryptologie...) dans lesquels le gouvernement pourra interdire une offre publique d’achat (OPA), la mise en garde de la Commission européenne n’a pas tardé. Tout en affirmant rester "pleinement confiante" dans le fait que la France respectera les règles du marché intérieur de l’Union européenne, la Commission a indiqué qu’elle surveillerait de près l’évolution de ce projet.

"Il y a des règles et des lois européennes en place qui régissent la question des OPA, a indiqué Gregor Kreuzhuber, un porte-parole de la Commission. Nous n’avons aucune raison de soupçonner que les autorités françaises ignoreront cela."

M. Kreuzhuber a rappelé que de nombreuses sociétés françaises n’investissent pas seulement en France, mais aussi dans le reste de l’Union européenne, et qu’"aucune règle ne doit fonctionner à sens unique" .

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