lundi 18 décembre 2017

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Londres est prêt à oeuvrer à un désarmement nucléaire total

Daniel Vernet, le Monde

samedi 26 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Lors de sa récente visite en Inde, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a abordé la question du nucléaire civil et militaire. Précédant de quelques jours Nicolas Sarkozy, il a déclaré, le lundi 21 janvier, devant la Chambre de commerce de Delhi que son pays sera "à l’avant-garde de la campagne internationale pour accélérer le désarmement parmi les pays possesseurs (de l’arme nucléaire), pour prévenir la prolifération à de nouveaux Etats et, en dernier ressort, pour parvenir à un monde libéré des armes nucléaires". La Grande-Bretagne est prête à mettre son expertise au service d’une "véritable" élimination des têtes nucléaires, a-t-il ajouté.

Une telle démarche, extrêmement rare de la part du chef de gouvernement d’un pays possédant l’arme nucléaire, s’inscrit dans la perspective de la prochaine conférence de révision du traité de non-prolifération (TNP) qui doit avoir lieu en 2010. Ce traité, datant de 1968, interdit théoriquement la possession de l’arme nucléaire aux pays qui ne la possédaient pas à l’époque. Il enjoignait, en contrepartie, aux cinq puissances nucléaires (les Etats-Unis, l’URSS, la Chine, la Grande-Bretagne et la France) de progresser vers un désarmement total. Si des accords de limitation ont été passés entre Washington et Moscou - les détenteurs des plus importants arsenaux -, l’objectif de la disparition des armes nucléaires n’a jamais été sérieusement envisagé.

"LA COURSE EST TERMINÉE"

C’est un des arguments avancés par les Etats qui ne respectent pas le TNP, soit qu’ils ne l’ont pas signé, soit qu’ils n’en respectent pas les principes. En annonçant que Londres est décidé à remplir la totalité de ses engagements, M. Brown veut "envoyer un signal fort à tous les membres de la communauté internationale : la course vers la constitution de stocks toujours plus nombreux et plus vastes de moyens nucléaires de destruction est terminée".

Le premier ministre a aussi attiré l’attention sur le fait que l’intérêt croissant pour le nucléaire civil dans un nombre d’Etats de plus en plus grand porte en lui-même "un risque accru de prolifération nucléaire à des fins militaires". Pour lui, la mise à la disposition de ces pays de la technologie nucléaire civile - y compris l’enrichissement de l’uranium - doit être conditionnée à "l’engagement ferme" de ces pays à respecter les normes les plus strictes de non-prolifération militaire, sous la surveillance renforcée de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).


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