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Un satellite espion américain en perdition pourrait percuter la Terre prochainement

Le Monde, avec AFP et AP

lundi 28 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Un satellite espion américain lancé par le National Reconnaissance Office, une des seize agences de renseignement américain, en charge des satellites espions, est sur le point de s’écraser sur Terre. Reste à savoir où et quand. La chute, prévue entre la fin de mois de février et le début du mois de mars, suscite des inquiétudes sur une possible pollution de l’atmosphère, renforcées par l’épais mystère ayant toujours entouré ce programme depuis sa conception.

Le Pentagone a confirmé, dimanche 27 janvier, qu’un satellite était en train de quitter son orbite."Le département de la défense suit actuellement la situation", a indiqué le lieutenant-colonel Karen Finn. Elle a refusé de commenter l’éventuelle présence de substances toxiques à bord, évoquée par la presse américaine. Elle n’a pas non plus confirmé le type du satellite. Les autorités américaines n’ont fourni aucune estimation sur la date projetée de l’entrée du satellite dans les hautes couches de l’atmosphère.

QUEL TYPE DE PROPULSION ?

Pour répondre aux besoins militaires, les satellites espions sont amenés à de fréquentes corrections d’orbite. Cette exigence implique de disposer de réserves d’énergie plus importantes que la plupart des autres engins qui sillonnent l’espace au-dessus de la Terre. L’hydrazine, une substance chimique hautement toxique, est le carburant de choix pour les moteurs de satellites "classiques". Cette substance irritante attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose. L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) note dans un rapport qu’elle se dégrade rapidement sous l’effet de la chaleur et des rayons ultra-violets.

Le nucléaire est une autre option utilisée pour la propulsion des satellites, avec des piles fonctionnant au plutonium ou à l’uranium enrichi. Cette technologie est normalement utilisée pour des sondes amenées à s’éloigner de la Terre, alors que les satellites espions sont positionnés en orbite basse, afin de capter un maximum de détails. Le recours au nucléaire permettrait d’augmenter la manœuvrabilité et de prolonger la durée de vie d’un satellite espion, ce qui ne pas un mince argument au vu du coût très élevé de ce type d’équipement.

LA TAILLE D’UN BUS

Le New York Times indique que les spécialistes estiment qu’il s’agirait d’un satellite espion fabriqué par Lockheed Martin et lancé depuis la base de Vandenberg, en décembre 2006. Après avoir atteint son orbite, les contrôleurs au sol en auraient perdu le contrôle. "Il n’est pas nécessairement mort, mais il est sourd", indique au quotidien new-yorkais Jonathan McDowell, un astronome du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics qui analyse les programmes spatiaux.

Pour tenter de couper court aux spéculation, le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, Gordon Johndroe, a indiqué, samedi, que les agences gouvernementales concernées surveillent la situation. "De nombreux satellites dans le passé ont quitté leur orbite et sont tombés sans dommages. Nous étudions les différentes options pour atténuer tout dommage possible que pourrait causer ce satellite.’’ Ce responsable n’a pas précisé si l’une de ces options pourrait consister à envoyer un missile pour détruire le satellite. Un responsable gouvernemental a souligné que le Congrès américain et les gouvernements des autres pays étaient régulièrement tenus informés de la situation.

John E. Pike, le directeur du site Globalsecurity.org, explique au New York Times que si le satellite en question est bien un satellite espion, il est peu probable qu’il contienne des matières nucléaires. M. Pike a exclu l’hypothèse d’un tir de missile pour détruire l’engin, mettant en avant le risque que d’éventuels débris de l’appareil n’entrent dans l’atmosphère et viennent percuter la Terre. Selon lui, le satellite espion pèserait environ neuf tonnes et aurait la taille d’un petit bus. L’expert a précisé que l’appareil contenait du béryllium, un métal léger utilisé dans la construction aérospatiale, assez toxique, et pouvant déclencher d’importants troubles respiratoires.


Note Spyworld Actu :

Il s’agirait donc de L-21 (2006-057A), lancé le 14 décembre 2006. Son orbite de lancement était de 376 x 354 km x 58.5 degrés.

Voir en ligne :
- Un satellite du NRO déclaré définitivement perdu
- Perte probable d’un satellite de renseignement américain


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