vendredi 24 octobre 2014

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Espionnage industriel : Un capitaine de la DST prévient les chefs d’entreprises

Reynald Clouet, Lavoixeco.com

mardi 29 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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La Direction de la surveillance du territoire (DST) est un service de renseignements du ministère de l’Intérieur, chargé historiquement du contre-espionnage et de la protection du patrimoine économique et scientifique. Jeudi matin, l’un de ses agents, le capitaine Henri Dhénin, a informé les chefs d’entreprises des risques que leur société encourt. Le lieutenant-colonel Régis Fohrer, chargé de mission sécurité économique et nouvelle criminalité à la Gendarmerie nationale, l’accompagnait.

Il ne s’agit pas de sombrer dans la paranoïa. Mais pour le constater au quotidien sur le terrain, « les petites et moyennes entreprises ne sont pas assez vigilantes », assène le capitaine. Les chefs d’entreprises n’ont pas suffisamment conscience de la valeur que représente leur savoir-faire.

Dès lors, ces trésors que d’aucuns peuvent s’offrir à bon compte attisent les convoitises. De part le monde, les industriels n’ont pas tous le même souci de la propriété intellectuelle. Au XXIe siècle, piller les brevets des unités de recherche, ingénierie et développement est beaucoup plus lucratif que piller une tombe. Et plutôt que de s’attaquer directement aux forteresses que constituent les constructeurs automobiles ou le CNRS (centre national de la recherche scientifique), les espions cible souvent leurs équipementiers, plus vulnérables.

Qu’on se le dise, les informations qui transitent par le téléphone, le fax ou le télex disposent d’un degré de protection égal à zéro. Se méfier aussi des courriers jetés à la poubelle. Les visiteurs, les stagiaires et même les étudiants sont, pour le policier, sujets à caution. « 12 000 étudiants chinois (thésards et master II) sont présents en France. Ils envoient un rapport tous les mois. À l’échelon européen, ça fait frémir... L’information doit nous remonter lorsque certains font le forcing pour intégrer une entreprise. » Les disques durs des ordinateurs, même formatés, peuvent encore être exploités. Le spécialiste préconise la destruction physique des disques durs lors du renouvellement des parcs informatiques. Quant à l’Internet, il préfère ne pas y songer : « avant qu’une information soit en ligne, elle fait deux fois le tour de la planète et tout le monde peut se servir. » Concrètement, une entreprise florissante qui exploite une niche peut se retrouver du jour au lendemain sur la paille si d’aventure son brevet a été pillé.

Car un jour, sans crier gare, le produit imité inonde le marché à un prix défiant toute concurrence. Avec des conséquences pour l’emploi. Mais le spécialiste prévient : « La sécurité n’a pas de prix mais a un coût. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. » À chacun, donc, de prendre ses responsabilités. Sensibiliser ses collaborateurs constitue une étape. Contacter le service développement économique d’Artois Comm. également.

Une initiative estampillée Artois Comm.

L’initiative de prévenir les entreprises du secteur revient à la direction du développement économique de la communauté d’agglomération Artois Comm.

Avec le soutien du conseil régional, du conseil général, de la préfecture et de la DRIRE (direction régionale de l’industrie et de la recherche), un programme de sensibilisation et de formation, d’une durée de deux ans, a été élaboré. Il a débuté début septembre.

Ce programme s’intitule « de la fraude à la cybercriminalité. » L’intelligence économique permet de répondre à certaines problématiques : « Est-ce que je connais mes concurrents autant qu’ils me connaissent. Comment évoluent-ils ? Comment est-ce que je protège mon patrimoine d’informations et de connaissances ? » Le premier cycle visait la circulation au sein de l’entreprise et répondait à la question suivante : comment s’assurer que l’information circule tout en la contrôlant. Le deuxième cycle, de janvier à juin, met l’accent sur l’intelligence économique au service du management. Le prochain rendez-vous est prévu le mardi 26 février, à 8 h 30 au CRITTM2A de Bruay-La Buissière. « Sécuriser et protéger ses informations », voilà la thématique qui sera abordée. On évoquera les contrats, les projets, les archives. On tentera de cerner les vulnérabilités et proposer les solutions adéquates existantes (logiciels, matériels, procédures, chartes, etc.).

En mars, la matinale sera consacrée à l’identification de ses partenaires et la cartographie des réseaux. En avril, on s’intéressera au droit au service de l’entreprise.Les deux derniers cycles seront consacrés à l’intelligence économique au coeur du marketing puis en soutien à l’innovation. Participer à l’une des sessions est gratuite. Elles sont accessibles aux industriels du Nord - Pas-de-Calais.

> Pour tout renseignement ou inscription, contactez Jérôme Brossier à Artois Comm., à la direction du développement économique, 119, rue du Conseil-de-l’Europe, à Bruay-La Buissière. Tél : 03 21 61 49 00. Site : www.economie-artoiscomm.fr

Le capitaine de la DST et le lieutenant-colonel de la gendarmerie mettent en garde les entrepreneurs. PHOTO LA VOIX.


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