jeudi 19 octobre 2017

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Digitask propose un logiciel espion de Skype à l’Allemagne

Nil Sanyas, PCINpact.com

mardi 29 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

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Le feuilleton continue entre la police allemande, Skype, et le chiffrage de ce dernier. En novembre dernier, la police d’outre-Rhin faisait ainsi savoir que le chiffrage de Skype était problématique lorsqu’elle souhaitait enquêter et espionner, et donc obtenir des discussions capitales. Un projet de loi visant à permettre « aux forces de l’ordre d’espionner le surf et le contenu des disques durs des suspects terroristes avec ce genre d’outils » était d’ailleurs déjà en préparation expliquait-on. Un mois plus tard, en décembre 2007 donc, la France prenait exemple sur son voisin avec un projet similaire. Installer légalement des chevaux de Troie allait donc selon toute vraisemblance devenir possible en 2008 en Allemagne et en France.

Aujourd’hui, ce projet de loi fort décrié tend à se préciser. Le Parti Pirate allemand aurait ainsi obtenu des documents, dans la langue de Goethe bien entendu, pour le moins explicites. Selon ces documents, mettant en cause le Ministre de la Justice, la police bavaroise, et le Parquet, présentent deux cas bien précis. Le premier porte sur les coûts des écoutes entre la police bavaroise et les bureaux des procureurs, nous y reviendrons ci-dessous.

Le malware légalisé

Le second, beaucoup plus intéressant, traite d’une entreprise allemande nommée Digitask, et dont les logiciels doivent permettre aux autorités allemandes d’espionner les ordinateurs, et plus particulièrement Skype. Une offre aurait ainsi été déposée par Digitask dès le 4 septembre dernier, afin de répondre aux demandes de la police bavaroise, en difficulté avec Skype donc. Captant autant le chat (texte) que les paroles transitant par Skype, le malware de Digitask contourne donc le problème de chiffrement du logiciel d’eBay.

La méthode pour introduire un tel malware sera tout bêtement d’envoyer un fichier joint à un courriel. Cependant, cette méthode ne pouvant fonctionner que sur les internautes peu prévoyants, d’autres moyens (non précisés) pourront être utilisés afin de s’introduire dans l’ordinateur en question.

Légalisé mais coûteux

Le plus étonnant reste cependant les tarifs proposés par Digitask. 3500 euros seront ainsi facturés à la police bavaroise et aux bureaux des procureurs, pour une installation de Skype Capture Unit, le fameux logiciel. Une interception SSL, leur coûtera 2500 euros.

Si le sujet vous intéresse, et si vous maîtrisez un minimum l’anglais et l’allemand, vous pouvez en savoir plus sur Skype Journal ainsi que sur WikiLeaks.


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