mardi 17 octobre 2017

Accueil du site > Défense > France > Financement partagé pour la base d’Abou Dhabi

Financement partagé pour la base d’Abou Dhabi

France 24 avec AFP

mardi 29 janvier 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Le gouvernement français a levé un peu le voile, jeudi, sur les contours de la future base militaire française à Abou Dhabi, dont la création a été annoncée à l’occasion de la visite du Président Nicolas Sarkozy aux Emirats arabes unis. Interrogés par France 24, des experts des questions de défense y voit un choix « politique et diplomatique symbolique ».

Les coûts de réalisation du projet seront partagés entre les Emirats et la France, selon le ministère de la Défense. Les installations seront financées « pour l’essentiel » par le gouvernement local, le reste devant être pris en charge « normalement » par Paris.

Prévue sur le littoral, la base dite de « soutien » sera opérationnelle en 2009. Elle sera « probablement » dotée d’un quai, ce qui lui permettra d’accueillir les navires français, selon les détails livrés à la presse par le porte-parole du ministère de la Défense, Laurent Teissière.

Le site sera également en mesure d’ « accueillir » et de « soutenir » les avions français « venus pour des exercices militaires ». Un effectif de 400 personnes, « variable » selon les degrés de présence des forces françaises, y sera à pied d’œuvre.

Les précisions du ministère de la Défense interviennent alors qu’une polémique pointait sur l’installation de la base. Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, dénonce un « changement très grave de la doctrine et de l’attitude française dans cette région ». Pour le ministre de la Défense, Hervé Morin, la base répond à un « partenariat stratégique » destiné à « participer à la stabilisation de la région ».

Un symbole diplomatique et politique

Des experts des questions de défense se gardent d’abonder dans la même direction que François Bayrou. Invités du « Débat de France 24 », ils qualifient la décision de l’Elysée de choix fort.

Pierre Servent, journaliste spécialisé dans les questions de défense et ancien membre du cabinet du ministère de la Défense, y voit d’abord une décision de « portée diplomatique et politique symbolique » mais réduite sur le plan militaire.

Sans critiquer la décision, l’ancien patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, espionnage) estime que la décision est loin d’être une simple formalité. « Le fait de s’engager au sol est plus que symbolique. Si hostilité il y a, nos soldats sont là », précise l’amiral Pierre Lacoste. Il crédite la base d’un « rôle essentiel dans la prévention et l’alerte dans une région stratégique ».

Claude Moniquet, président de l’European Strategic Intelligence and Security Centre (Bruxelles), la décision participe d’une « opération de prestige et d’influence » dans le Golfe. « Face à la montée en puissance de l’Iran, il y a une volonté de montrer que les Emirats et les Etats modérés de la région ne sont pas isolés. Dans ce sens, la présence française peut jouer un rôle extrêmement positif ».


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :