samedi 21 octobre 2017

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Bouclier : Washington veut "avoir un oeil" sur la force nucléaire russe

AFP

lundi 4 février 2008, sélectionné par Spyworld

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MOSCOU - La Russie a accusé samedi les Etats-Unis de vouloir déployer leur bouclier antimissile en Europe pour "avoir un oeil" sur la force de frappe nucléaire russe.

"Il n’y a aujourd’hui aucune bonne raison expliquant la nécessité de déployer ce système (de radar et d’intercepteurs, ndlr), si ce n’est pour avoir un oeil sur le système russe de dissuasion", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak, cité par Interfax.

La Russie dispose de plusieurs systèmes de lancement d’ogives nucléaires à l’ouest de l’Oural, ainsi que dans l’Extrême-Orient russe.

Dans l’ouest du pays, la force de dissuasion russe est déployée à bord des sous-marins lanceurs de vecteurs nucléaires stationnés dans la mer de Barents (nord-ouest), de silos nucléaires le long de la Volga et dans le sud de l’Oural, ainsi que d’unités mobiles près de Moscou.

Selon M. Kisliak, la partie américaine avait donné oralement en octobre des assurances à la partie russe, comme la possibilité d’une présence d’officiers russes sur les sites américains en Pologne et en République tchèque.

Mais selon le vice-ministre des Affaires étrangères, les propositions américaines n’ont jamais été formulées par écrit.

"Par ailleurs, la présence de nos spécialistes sur les sites n’apporte aucune garantie automatique. Le bouclier antimissile peut s’activer et viser rapidement", a souligné M. Kisliak.

Les Etats-Unis négocient actuellement avec la République tchèque et avec la Pologne pour installer en Europe centrale le 3e pan de son bouclier antimissile global.

Ce projet, qui soulève les protestations de Moscou, est destiné à parer les menaces d’Etats "voyous" tels que l’Iran, affirme Washington.

Le nouveau gouvernement polonais de Donald Tusk a adopté une attitude plus circonspecte que ses prédécesseurs au sujet de ce bouclier et a mis dans la balance la fourniture par les Américains d’un système de défense anti-aérienne multicible de dernière génération.

De son côté, Prague a demandé mi-janvier des retombées concrètes par le biais de contrats militaro-industriels.

Vendredi, le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, a indiqué avoir obtenu un accord de principe sur la coopération militaire avec les Etats-Unis en échange de l’éventuelle installation d’éléments du bouclier antimissile dans son pays.

Mais les négociations sur le déploiement en Pologne de dix lance-missiles intercepteurs américains d’ici à 2012 se poursuivront, a ajouté le ministre polonais.


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