mardi 17 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > Un pôle renseignement cher à loger

Un pôle renseignement cher à loger

Isabelle Mandraud, le Monde

jeudi 7 février 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Le choix du siège flambant neuf de la direction centrale du renseignement intérieur inauguré en mai 2007 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), qui abrite rue de Villiers la direction de la surveillance du territoire (DST) et la direction centrale des renseignements généraux (DCRG), s’est fait en 2005 "sans aucune étude précise ex ante du coût et des bénéfices attendus de l’opération".

Au regard des critères de sélection avancés - caractéristiques immobilières, facilités informatiques et sécurité -, le bâtiment sélectionné dans une commune et un département chers à Nicolas Sarkozy n’arrivait qu’en troisième, ou deuxième position.

Le loyer demandé, 493,5 euros du mètre carré, y était nettement plus élevé qu’ailleurs, relève la Cour des comptes dans son rapport 2008.

Le 23 décembre 2005, l’Etat a cependant conclu un bail d’une durée de douze ans pour un loyer de 9,17 millions d’euros par an hors taxe, après avoir négocié une ristourne de 10,7 %.

A peine quelques semaines plus tard, le propriétaire ayant finalement fait part de son souhait de vendre, le ministère de l’intérieur, incapable de payer comptant faute de crédits budgétaires, s’est tourné vers un groupe privé, Icade, pour qu’il acquière le bâtiment et le lui loue, en lui consentant une option d’achat.

DÉPENSES POUR TRAVAUX

Ce qui est revenu, souligne la Cour, "à faire négocier par un tiers, sans mandat exprès, le prix d’un immeuble intégralement payé in fine par l’Etat et à ne pas faire jouer la concurrence pour le financement".

Au final, la facture de l’opération se révèle "particulièrement élevée" : 366,2 millions d’euros au total de loyer hors taxe plus le coût de la levée de l’option d’achat supposée intervenir le 31 décembre 2026, - soit 40 millions d’euros de plus que ce qu’aurait coûté l’acquisition directe. A cela s’ajoutent les dépenses pour travaux, sans mise en concurrence, qui ont augmenté de 72 % en quelques mois.

A propos de ces travaux qualifiés de "longs et coûteux" par la Cour, celle-ci estime que "le défaut d’organisation du ministère explique sans doute une partie des difficultés rencontrées".


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :

1 Message

  • Un pôle renseignement cher à loger 8 février 2008 12:14, par Jacques Canevet

    C’est incroyable , et pourtant de là à penser que les énarques sont idiots , je n’irais pas jusqu’à là . Mais cet article me donne à penser que certains se sont enrichis de manière déloyale sur le dos des contribuables. Mais qui ? Pour le savoir par expérience , je sais que dans les appels d’offres il y a des entreprises qui se liguent entre-elles pour répondre à certains travaux " du type ce coup si c’est moi qui y vais, le prochain c’est pour toi !J’ai eu dans une commission des marché pour la sécu , avec autour de la table de décision des "artisans" qui nous ont fait découvrir le "comment cela se passe" . Dans certains devis nous avons découvert trois artisans qui au lieu de 16m carré de moquettes commandé ont mis 16 rouleaux de moquettes , et quand le responsable sécu leur écrit pour demander des explications , un seul répond en s’excusant de s’être trompé, les autres terminés plus entendus parlé.
    Donc il faut un oeil avertis pour parler d’égale à égale avec les entreprises qui soumissionnent , car la facture tout en étant "non délirante" peut aller du simple au double , mais il ya toujours une explication !
    Est-ce le cas pour le bâtiment qui accueille notre service de renseignement intérieur ?