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Bhutto tuée par l’explosion selon Scotland Yard

AFP

vendredi 8 février 2008, sélectionné par Spyworld

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Scotland Yard a conclu vendredi que l’ex-leader de l’opposition Benazir Bhutto avait été tuée par un choc à la tête dû au souffle de l’explosion dans l’attentat suicide du 27 décembre au Pakistan, et non par balle comme l’affirme son parti.

Mais ces conclusions, rendues publiques à Islamabad, ne mettent pas un terme à la polémique entre le gouvernement et le mouvement du défunt leader de l’opposition sur les auteurs et commanditaires de l’assassinat.

Les experts de Scotland Yard ont eu notamment recours à des équipements de très haute technologie pour retracer en trois dimensions la trajectoire des balles que le kamikaze a d’abord tirées en direction de Mme Bhutto avant de faire exploser la bombe qu’il portait sur lui.

Les trois projectiles ont manqué leur cible mais l’un, à travers ses cheveux, a frôlé la tête de Mme Bhutto, soulevant le foulard qui lui couvrait la tête.

L’ex-Premier ministre venait de quitter un meeting électoral à Rawalpindi, dans la banlieue d’Islamabad, en pleine campagne pour les législatives, alors prévues pour le 8 janvier puis reportées au 18 février en raison des émeutes qu’ont provoquées son assassinat.

Elle saluait la foule à travers le toit ouvrant de sa voiture blindée quand, comme l’ont montré des vidéos amateurs, un jeune homme, vêtu à l’occidentale, rasé de près et le regard caché derrière des lunettes de soleil, a ouvert le feu dans sa direction.

Selon Scotland Yard, c’est le même tireur qui a aussitôt déclenché sa bombe, tuant 23 autres personnes. Le souffle a projeté la tête de Mme Bhutto, qui plongeait dans la voiture pour se protéger des tirs, sur le rebord du toit ouvrant, provoquant une fracture du crâne fatale.

Une controverse était née sur les causes réelles de la mort de Mme Bhutto.

Les conclusions de Scotland Yard confortent la thèse de la fracture du crâne émise dès le lendemain par le gouvernement, et qui avait attisé les émeutes menées par les supporteurs du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Mme Bhutto.

Le mouvement de l’ex-Premier ministre avait assuré qu’elle avait été tuée d’une balle dans la tête, ce qui alimentait leurs accusations selon lesquelles l’assassinat aurait été organisé par des caciques du pouvoir et des responsables des services de renseignements.

Le mari de Mme Bhutto avait refusé l’autopsie et, pour couper court à la polémique sur les causes de la mort, le président Pervez Musharraf avait sollicité l’aide de la Grande-Bretagne et de Scotland Yard, dont les experts en médecine légale et en balistique ont travaillé deux semaines au Pakistan.

Pour ce qui est des organisateurs et commanditaires de l’attentat, Islamabad a accusé, tout comme l’agence du renseignement américain CIA, un groupe d’islamistes pakistanais qui a fait allégeance à Al-Qaïda, commandé par le chef d’une tribu du nord-ouest, Baïtullah Mehsud.

Et jeudi, deux "importants terroristes" liés à Baïtullah Mehsud ont été arrêtés à Rawalpindi, soupçonnés d’avoir participé à l’attentat, selon Islamabad. "C’est une avancée majeure dans l’enquête", a assuré à l’AFP un haut responsable des services de sécurité.

Le PPP qui avait réfuté par avance les conclusions de Scotland Yard et réclamé une enquête des Nations unies, a toujours affirmé que des proches de Mme Bhutto, dans la voiture qui la conduisait à l’hôpital, avaient affirmé que la blessure à la tête était due à une balle.

Le PPP a refusé vendredi de commenter le rapport de Scotland Yard tant qu’il ne sera pas officiellement rendu public.

Jeudi, Asif Ali Zardari, le veuf de Mme Bhutto, nommé co-président du mouvement après l’assassinat, et véritable leader du parti tant que le nouveau président, le fils du couple Bilawal, 19 ans, ne sera pas en âge d’assumer cette tâche, a annoncé le retour en campagne du PPP après 40 jours de deuil.

Le PPP est le principal parti d’opposition au président Musharraf.


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