lundi 23 octobre 2017

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Nucléaire iranien : tests dans de nouvelles centrifugeuses

AFP

jeudi 14 février 2008, sélectionné par Spyworld

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L’Iran a procédé dans ses nouvelles centrifugeuses à des tests aux fins d’enrichissement, prenant ainsi à contre-pied la demande du Conseil de sécurité des Nations unies de mettre un terme à ses activités d’enrichissement d’uranium, ont indiqué des diplomates occidentaux mercredi soir à Vienne.

Les pays occidentaux, avec en tête les Etats-Unis, soupçonnent Téhéran d’utiliser ses activités d’enrichissement d’uranium en vue d’accéder à l’arme atomique, alors que l’Iran affirme qu’il s’agit de développer son industrie nucléaire civile pour faire face aux besoins énergétiques de plus en plus importants du pays.

"Les Iraniens montrent ainsi le bout de leur nez et il est clair qu’ils veulent développer leurs nouvelles centrifugeuses", a souligné un diplomate occidental en poste à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont le siège est à Vienne. Les tests dans les nouvelles centrifugeuses sont exactement "l’inverse" de ce que l’ONU attend de l’Iran, a pour sa part estimé un diplomate européen.

Selon ces diplomates, les nouvelles centrifugeuses dont dispose l’Iran, du type P2, ont été approvisionnées avec du gaz d’uranium pour des "tests chauds" destinés à produire de l’uranium enrichi, première étape vers une éventuelle fission nucléaire et la fabrication d’une arme atomique.

Le directeur de l’AIEA, l’Egyptien Mohamed ElBaradei, doit publier avant la fin février un rapport très attendu sur le programme nucléaire iranien, un rapport dont plusieurs pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, craignent qu’il ne soit trop favorable à Téhéran, selon des diplomates.

Ce rapport crucial, qui doit établir si l’Iran a répondu à toutes les questions sur ses activités nucléaires controversées, doit être débattu par le conseil des gouverneurs de l’AIEA, du 3 au 7 mars à Vienne, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU étudie de nouvelles sanctions.

Le 8 février, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’AIEA, Gregory Schulte, s’était inquiété de la possible mise en route par Téhéran de la nouvelle génération de centrifugeuses P2 pour l’enrichissement d’uranium : "Tout test par l’Iran de centrifugeuses plus modernes représenterait une escalade dans le non-respect par ce pays de ses obligations de geler toute activité liée à l’enrichissement", avait-il prévenu.

Le 11 février, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui soutient que son programme nucléaire est strictement civil, avait, lui, réaffirmé que son pays ne bougerait "pas d’un iota".

Le 13 février, le directeur adjoint du Renseignement américain, Thomas Fingar, a déclaré à Washington lors d’une audition au Congrès que l’Iran "continue à développer" des technologies qui pourraient rapidement servir à produire des armes nucléaires. Interrogé par des parlementaires sur le rapport des services de renseignement américains (NIE) qui avait conclu en décembre que l’Iran avait arrêté son programme nucléaire militaire en 2003, il a répondu : l’Iran a "la capacité de reprendre un programme militaire".


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