mercredi 18 octobre 2017

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Robert Littell : « Adapter quarante ans d’histoire de la CIA était un vrai défi »

Propos recueillis par Bruno Corty, le Figaro

jeudi 14 février 2008, sélectionné par Spyworld

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Un casting digne des meilleurs longs-métrages, des décors plus vrais que nature, un budget de 38 millions de dollars, Ridley (Les Duellistes, Thelma et Louise, Gladiator) et Tony Scott (Spy Game)... Les producteurs de la série The Company, n’ont pas lésiné sur les moyens pour retracer quarante années de guerre froide, de Berlin en 1950 à la Crimée en 1991, en passant par Budapest en 1956 et la baie des Cochons en 1961. Si le premier des six épisodes de la mini-série semble plutôt aride - il faut du temps pour se familiariser avec ces personnages qui espionnent, trahissent, complotent -, on se laisse ensuite embarquer par ce jeu mortel entre la CIA et le KGB où bien malin sera celui qui arrivera à distinguer les gentils des méchants. Lancée cet été aux États-Unis sur la chaîne TNT et nommée aux Golden Globes, la fiction a remporté un vrai succès critique outre-Atlantique. Parmi ses fans, Robert Littell, dont le best-seller La Compagnie *, a inspiré la série. L’écrivain, père de Jonathan Littell, l’auteur des Bienveillantes, dit, au Figaro, tout le bien qu’il pense de l’adaptation diffusée ce soir sur Canal+.

LE FIGARO. - Comment trouvez-vous The Company ?

Robert LITTELL. -J’ai vraiment adoré la série. Elle est très proche du roman tout en étant une création télévisée originale et réussie. Son succès tient pour beaucoup au talent de son scénariste, Ken Nolan. Quand je l’ai rencontré à Los Angeles, avant le début du tournage, il m’a montré un exemplaire de mon roman. Il était complètement couvert d’annotations, de passages surlignés et je me suis rendu compte qu’il connaissait le livre aussi bien que moi. Il a utilisé beaucoup de mes dialogues et a été assez fair-play pour le signaler dans les bonus du DVD. Le seul grand changement qu’il a effectué, c’est de choisir d’utiliser un seul personnage, Jack, comme fil rouge des différents épisodes. Dans le roman, j’avais un personnage différent dans chaque grande partie.

Pourquoi n’avoir pas écrit le scénario vous-même ?

J’étais en train d’écrire un autre roman lorsque Sony a décidé de faire adapter le livre à l’écran. De toute façon, j’en sais assez sur l’écriture de scénario pour le petit ou le grand écran pour comprendre qu’adapter quarante ans d’histoire de la CIA était un vrai défi, une entreprise extraordinairement complexe. Il fallait un écrivain avec plus de talent et de connaissance de la télévision que moi. Le travail de Ken Nolan m’a prouvé que mon instinct était le bon.

La présence du réalisateur Mikael Salomon, l’homme des séries cultes Alias, Rome et Le Fugitif, était-elle décisive pour la réussite de la fiction ?

Au départ, il devait y avoir trois réalisateurs différents pour les six parties. Je pense que Ridley Scott avait l’intention de réaliser les deux premières. Mais Mikael aimait tellement le projet qu’il a demandé aux producteurs de lui laisser réaliser toute la série. Et ils ont accepté. Mikael Salomon a donné une atmosphère, un style et une attention aux détails qui hissent, selon moi, la série à un niveau de qualité bien supérieur à la moyenne.

Qu’avez-vous pensé du casting ?

Je l’ai trouvé excellent. Les rôles féminins notamment l’Allemande de l’Est qui répond au nom de code Rainbow, dans la première partie, et l’Anglaise à Budapest sont très beaux, très bien interprétés. Mais les deux acteurs qui, à mon avis, font un hold-up sur la série sont Michael Keaton et Alfred Molina. Chaque fois que Michael Keaton, qui joue James Jesus Angleton, le patron de la cellule de contre-espionnage de la CIA, apparaissait à l’écran, j’avais des frissons dans l’échine. Même chose pour Alfred Molina qui incarne Harvey Torriti, le chef de l’antenne basée à Berlin.

Une série de six fois 52 minutes est-ce mieux qu’un film de deux ou trois heures ?

L’idée de départ des producteurs était de faire un film de deux ou deux heures et demie. Ken Nolan a écrit son premier scénario sur cette base. Quand ils ont ensuite décidé que le matériau serait mieux exploité avec une minisérie, Ken n’a eu qu’à récupérer les nombreuses scènes et personnages qu’il avait dû abandonner en réduisant un roman de 1 000 pages pour un film de deux heures. Lui comme moi avons été ravis de ce format en six parties qui permettait d’inclure beaucoup plus d’éléments du roman et donc de ces quarante années dans l’histoire de la CIA.

Canal + Ce soir à 20h50.* « La Compagnie, le grand roman de la CIA », (éditions Points).


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