lundi 23 octobre 2017

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États-Unis : tension entre le président et le Congrès sur les écoutes

Fanny Carrier, AFP

vendredi 15 février 2008, sélectionné par Spyworld

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La tension monte entre le Congrès et le président américain, alors que la Chambre a choisi de ressortir un vieux scandale plutôt que de débattre de la loi sur les écoutes antiterroristes controversées que George W. Bush réclame à hauts cris.

Alors qu’une loi provisoire autorisant ces écoutes expire à la fin de la semaine, le président a donné une nouvelle allocution télévisée jeudi pour exiger un texte définitif, prévenant qu’il était prêt à reporter si nécessaire son départ pour l’Afrique, prévu vendredi soir.

« Je suis prêt à retarder mon départ et rester à Washington si ça peut aider », a déclaré M. Bush.

« La vie d’innombrables Américains dépend de notre capacité à surveiller les communications des terroristes. Nos professionnels du renseignement travaillent jour et nuit pour nous garder en sécurité, et ils attendent de savoir si le Congrès va leur donner les outils dont ils ont besoin ou leur lier les mains », a-t-il insisté.

Instauré après les attentats du 11-Septembre, le programme permet au renseignement de surveiller, sans mandat d’un juge, les appels et les courriels échangés avec l’étranger en cas de soupçon de lien avec le terrorisme. Malgré le scandale lors de sa révélation fin 2005, le Congrès a entériné le programme cet été pour six mois.

Mardi, le Sénat a approuvé la loi réclamée par le président, qui pérennise le texte actuel et prévoit aussi une immunité juridique pour les compagnies de télécommunications qui ont participé au programme avant qu’il ne soit validé par le Congrès et sont aujourd’hui confrontées à des dizaines de plaintes.

La Chambre des représentants avait approuvé en novembre la pérennisation du programme, mais rejeté l’immunité, estimant que l’administration cherche avant tout à se protéger elle-même.

Après avoir échoué mercredi à prolonger de trois semaines le texte actuel, la Chambre a refusé jeudi d’examiner le texte du Sénat, préférant débattre de poursuites contre des proches de M. Bush qui refusent de témoigner sur le scandale de l’éviction contestée de plusieurs procureurs fédéraux en 2006.

« Nous n’allons pas rester ici et regarder cet abus de procédure à des fins purement politiciennes et aux dépends de notre sécurité nationale », s’est alors indigné le chef des républicains à la Chambre, John Boehner, invitant tous ses collègues à quitter l’hémicycle dans un geste théâtral.

Peu après, la Chambre a adopté le texte réclamant l’ouverture de poursuites pour « offense au Congrès » du secrétaire général de la Maison Blanche, Joshua Bolten, et de l’ancienne responsable des services juridiques de la présidence, Harriet Miers.

La Maison Blanche a rapidement dénoncé une démarche « scandaleuse » et « une perte de temps incroyable ». En effet, les poursuites doivent désormais être lancées par le procureur fédéral de Washington, qui n’agira pas sans l’aval de l’administration.

Dans une lettre adressée à M. Bush jeudi après-midi, le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a estimé que le président serait responsable si la loi provisoire venait à expirer, tout en insistant sur le fait que cela n’empêchait pas le renseignement de continuer à travailler.

« Plutôt que d’effrayer inutilement le pays, vous devriez travailler avec le Congrès d’une manière calme et constructive », a-t-il écrit, expliquant que les leaders des deux chambres étaient prêts à négocier un compromis.

Signe que la réconciliation n’est pas à l’ordre du jour, la Maison Blanche a confirmé que le président mettrait son veto à la loi adoptée mercredi pour obliger la CIA à se plier aux mêmes règles que l’armée en matière d’interrogatoires, ce qui interdit de fait toutes les « techniques alternatives » dénoncées comme de la torture.


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