samedi 16 décembre 2017

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Israël : Le sans faute du Mossad

Christian Brunel, leJDD.fr

samedi 16 février 2008, sélectionné par Spyworld

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Meïr Dagan a la baraka. Le chef du Mossad, les services secrets israéliens, a réussi plusieurs "coups" d’affilée au point que Ehoud Olmert, le Premier ministre a prolongé pour la deuxième fois son mandat jusqu’à la fin de l’an prochain. Une manière de récompenser cet homme de l’ombre à qui est attribuée l’élimination sans bavure mercredi d’Imad Moughnieh.

Imad Moughnieh était le chef militaire du Hezbollah libanais, considéré comme le terroriste numéro un par Israël. Détail important : cette opération menée à l’aide d’une voiture piégée a eu lieu en plein centre de Damas, capitale de la Syrie, un pays officiellement en état de guerre contre l’Etat hébreu. Une opération bien dans le style du Mossad. Mais comme le veut la coutume, Israël s’est bien gardé de revendiquer l’opération.

Cette discrétion avait aussi été de mise en septembre dernier. Selon des experts étrangers, le Mossad avait glané la plus grande partie des renseignements sur des installations nucléaires ultra secrètes construites par des nord-coréens en Syrie. Ces informations ont ensuite permis à l’aviation israélienne de raser cette base. Mieux encore : comme l’avait prédit Meïr Dagan, le président syrien Bachar al-Assad n’a par réagi à cet acte de guerre de crainte d’un conflit armé généralisé qui aurait pu déstabiliser son régime en cas de défaite. Autre motif de satisfaction pour le chef du Mossad : c’est le seul haut responsable à avoir reçu un satisfecit dans un rapport officiel sur les ratés de la guerre contre le Hezbollah au Liban durant l’été 2006. Meir Dagan est en effet le seul à avoir averti Ehoud Olmert que l’appareil militaire du Hezbollah ne pouvait pas être détruit par des raids aériens au Liban, aussi destructeurs soient-ils. Le chef du Mossad avait dès le début des combats prévenu le Premier ministre que seule une opération terrestre de grande envergure pouvait permettre d’atteindre cet objectif.

Résultat : Meïr Dagan, à la tête du Mossad depuis 2002, est de plus en plus écouté. Il a toute chance de jouer un rôle déterminant dans la politique d’Israël vis-à-vis de l’Iran. Selon lui, le programme nucléaire militaire iranien de Téhéran constitue le danger numéro un pour la survie d’Israël. Partisan des méthodes expéditives, il souvent présenté par les médias israéliens comme un partisan d’attaques en Iran, à l’exemple de ce qu’avait fait Israël en 1981 en détruisant une centrale nucléaire irakienne construite par la France près de Bagdad. Pour le moment toutefois, Ehoud Olmert joue la carte diplomatique en misant sur des sanctions internationales plus dures contre l’Iran. Mais si cette option échoue, Meïr Dagan pourrait bien faire pencher la balance vers des solutions plus "radicales".

Meïr Dagan, le chef du Mossad, multiplie les succès, et renforce son influence. (DR)


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