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Crashs d’avions : la sécurité russe parle d’"acte terroriste"

Elizabeth Piper, Reuters

vendredi 27 août 2004, sélectionné par Spyworld

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MOSCOU (Reuters) - Le FSB a parlé vendredi d’"acte terroriste" concernant au moins l’un des deux avions qui se sont écrasés mardi soir en Russie et qu’une organisation islamiste affirme avoir détournés en représailles à l’attitude de la Russie face aux musulmans de Tchétchénie.

Les deux catastrophes, survenues presque simultanément, ont fait au moins 89 morts.

A Moscou, un porte-parole du FSB (services de sécurité) a déclaré que des traces d’explosifs avaient été retrouvées dans l’épave d’un des deux avions, le TU-154 qui s’est écrasé dans le sud de la Russie. "L’enquête a conduit à des renseignements qui nous permettent d’identifier une certain nombre de personnes pouvant avoir des liens avec l’acte terroriste dont a été la cible le Tu-154", a dit le porte-parole.

L’explosif retrouvé, a ajouté le porte-parole, est d’un modèle utilisé lors de précédents attentats qui avaient été imputés aux séparatistes tchétchènes, notamment la destruction d’immeubles d’appartements moscovites en 1999, dans lesquels 300 personnes avaient péri.

Il s’agit d’une substance appelée hexogène, ou RDX, poudre qui, mélangée au TNT, sert à fabriquer des obus d’artillerie et de torpilles.

Concernant l’autre appareil, un Tu-134 qui s’est écrasé dans les environs de Toula au sud de Moscou, alors qu’il assurait la liaison avec Volgograd, le porte-parole a dit ne pas disposer pour l’heure d’informations particulières.

Le Tu-154, qui se rendait à Sotchi au bord de la mer Noire, s’est écrasé près de Rostov-sur-le-Don, peu après la catastrophe du Tu-134. Ces deux appareils avaient décollé de l’aéroport moscovite de Domodedovo.

L’organisation islamiste qui a affirmé avoir détourné les deux appareils dit s’appeler les "Brigades Islambouli", du nom de l’officier égyptien, Khaled Islambouli, qui a assassiné le président Anouar el Sadate lors d’une revue militaire au Caire en octobre 1981.

Islambouli était membre de l’organisation du Djihad, dont une partie a rejoint les rangs d’Al Qaïda dans les années 1990 sous la houlette d’Ayman al Zaouahri, lieutenant d’Oussama ben Laden.

"Nos moudjahidine des Brigades Islambouli ont pu détourner deux avions russes et ils y ont parvenus malgré les obstacles qu’ils ont rencontrés au début. Il y avait cinq (moudjahidine) dans chaque appareil", lit-on dans le communiqué rédigé en arabe, dont l’authenticité n’a pu être pour l’heure confirmée.

Dans le communiqué, diffusé sur un site web relayant habituellement des déclarations islamistes, les auteurs du texte assurent que les attentats ont été commis en riposte à la mort de musulmans tués par des Russes en Tchétchénie et ailleurs.

LE BOUTON "SOS" PRESSÉ A BORD D’UN AVION

"Le massacre de musulmans par les Russes se poursuit et ne cessera que par une guerre sanglante. Nos moudjahidine ont été en mesure, avec l’aide de Dieu, de porter un premier coup qui sera suivi par d’autres opérations, dans le cadre d’une campagne destinée à aider nos frères musulmans en Tchétchénie et dans d’autres pays musulmans qui endurent l’athéisme de la Russie".

La revendication de vendredi ne fait aucunement allusion à Al Qaïda mais dans une précédente revendication, un groupe s’appelant "les Brigades Islambouli d’Al Qaïda" avait dit en juillet avoir tenté d’assassiner le Premier ministre pakistanais Shaukat Aziz et préparer des attentats contre des responsables pro-américains. Aziz, 55 ans, s’en était tiré indemne.

Les enquêteurs russes ont indiqué suivre une piste - les dépouilles de deux passagers - qui chacun se trouvait dans un des deux avions. Les noms de famille des deux passagers en question laissent penser qu’ils étaient d’origine tchétchène.

Les journaux russes ont multiplié depuis mercredi matin les hypothèses sur les raisons de cette double catastrophe, et les autorités avaient alimenté certaines rumeurs au cours des dernières heures en déclarant que l’examen des "boîtes noires" pourrait prendre plusieurs jours. Un responsable russe a même dit douter qu’elle soit de quelque utilité à l’enquête.

Les séparatistes tchétchènes ont mené une importante attaque dans la capitale tchétchène Grozny le week-end dernier et ils ont menacé de mener d’autres actions à l’approche du scrutin. Les séparatistes tchétchènes "modérés" ont démenti tout rôle dans la chute des deux avions.

Selon un journal russe, Gazeta, la majeure partie des enquêteurs ont conclu d’ores et déjà que les deux avions ont explosé en plein vol. "Aujourd’hui, pratiquement tous les spécialistes en sont arrivés à la conclusion que ces deux catastrophes étaient dues à des attentats terroristes planifiés", déclare-t-on de source proche de l’enquête, citée par le journal.

Jeudi soir, le chef de la commission d’enquête officielle avait déclaré que l’équipage du Tu-154 avait pressé le bouton "SOS" avant que l’avion, avec 43 personnes à bord, ne s’écrase. "Le bouton a été pressé, mais aucune voix n’a confirmé quoi que ce soit", a-t-il dit à la télévision russe.

Des Islamistes Revendiquent Le Détournement Des Deux Avions Russes
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