mercredi 18 octobre 2017

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USA : des navires de guerre en place pour abattre un satellite espion

AFP

mercredi 20 février 2008, sélectionné par Spyworld

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Des navires de guerre américains étaient en position dans le Pacifique pour tenter de détruire, peut-être dès mercredi, un satellite espion américain à la dérive et éviter qu’il ne répande dans des zones habitées son combustible hautement toxique.

Armé de deux missiles intercepteurs spécialement modifiés, l’USS Lake Erie a été chargé d’intercepter le satellite au-dessus du Pacifique, avaient annoncé des responsables du Pentagone mardi.

Du satellite, on ne sait quasiment rien, sinon qu’il a la taille d’un bus, qu’il est en perdition et que ses réservoirs contiennent de l’hydrazine, une substance chimique hautement toxique et carburant de choix pour les moteurs des satellites.

L’hydrazine attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose, mais elle se dégrade rapidement sous l’effet de la chaleur et des rayons ultra-violets.

C’est la présence d’hydrazine qui sert à justifier le tir, mais les Etats-Unis ont bien pris soin de démentir toute tentative d’imiter la Chine qui, en janvier 2007, avait abattu avec un missile un vieux satellite météo chinois.

La Russie voit dans cette opération un test antimissiles caché. La France a insisté mardi pour que "toutes les mesures soient prises" pour assurer la sécurité et l’intégrité des autres objets spatiaux.

De fait, le Pentagone fait appel à son système de défense anti-missiles, dont les cibles potentielles —des missiles balistiques— sont d’une taille très inférieure au satellite en perdition.

Le Lake Erie, un bâtiment de guerre de la classe Aegis, se trouve déjà au large des côtes de Hawaii, selon ces mêmes responsables.

L’USS Decatur, un destroyer lance-missiles, armé d’un troisième missile intercepteur devait servir de recours. Un autre destroyer, l’USS Russell, restait pour l’heure au mouillage à Pearl Harbor.

"J’ai confiance qu’ils seront capables de faire quelque chose", a déclaré un haut responsable de la marine mardi sous le couvert de l’anonymat. "Une fois qu’un de ces missiles est sur les rails, c’est dans la poche", a-t-il ajouté.

Le Pentagone a décidé d’attendre pour son opération que la navette spatiale Atlantis se pose mercredi en Floride après une mission de près de deux semaines dans l’espace, mais il veut agir avant que le satellite ne rentre dans l’atmosphère.

Le retour d’Atlantis permet "aux militaires américains d’abattre ce satellite-espion qui se dégrade à la vitesse grand V", a souligné Geoff Morrell, porte-parole du Pentagone. Atlantis doit atterrir peu après 14H00 GMT.

"Le satellite se trouve très loin en-dessous de nous, mais bien sûr nous allons atterrir avant qu’ils ne mettent le satellite en mille morceaux", a déclaré le commandant d’Atlantis Steve Frick, lors d’une liaison avec la Terre.

L’opération coûtera entre 40 et 60 millions de dollars au contribuable américain et s’appuiera sur des missiles anti-missiles SM-3 dont les logiciels ont été modifiés pour "reconnaître le satellite".

D’abord guidé depuis la Terre, le missile se servira ensuite de ses senseurs à infrarouge pour atteindre sa cible à environ 150 miles nautiques d’altitude et à une vitesse de 4 km par seconde, selon des responsables du Pentagone.

Si le Lake Erie rate sa cible qui se déplace à 10 km/seconde, il faudra sans doute attendre 24 heures avant de renouveler le tir.

Le satellite pose des problèmes inédits aux militaires. "Nous avons à faire à un corps froid dans l’espace, un corps inerte depuis un certain temps qui ne dégage pas la chaleur d’un missile balistique", a souligné le responsable de la marine.

Mais "le système est très précis et nous pensons que nous pourrons toucher le réservoir", a dit un responsable du Pentagone.

C’est le secrétaire à la Défense Robert Gates qui aura autorité à ordonner le tir. M. Gates se trouvera à Hawaii, mercredi et jeudi, avant une tournée en Asie.


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