mardi 12 décembre 2017

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De nouveaux documents relèvent l’existence d’un programme nucléaire iranien après 2003

Le Monde, avec AFP

mardi 26 février 2008, sélectionné par Spyworld

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Des documents présentés, lundi 25 février, au Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Vienne, montrent que l’Iran pourrait avoir mené des travaux en vue de la construction d’armes nucléaires après 2003, a déclaré l’ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’AIEA, Simon Smith.

La date de 2003 est cruciale, car un rapport des services de renseignement américains (NIE) publié en décembre dernier estimait que l’Iran avait mené dans le passé un programme nucléaire militaire mais qu’il l’avait arrêté en 2003. Néanmoins, les éléments présentés lors d’une réunion d’information contiennent des données sur de possibles travaux sur des armes nucléaires menés après 2003, a indiqué l’ambassadeur.

Au cours de la réunion, les participants ont reçu des informations du directeur général adjoint de l’AIEA, Olli Heinonen, à la suite de la publication vendredi du dernier rapport de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien. Ce rapport affirme que l’Iran poursuit ses activités d’enrichissement d’uranium, en dépit des pressions de l’ONU, et n’a toujours pas fourni d’informations "complètes et cohérentes" sur son programme nucléaire. L’AIEA déclare "ne pas être en position de pouvoir déterminer la véritable nature du programme nucléaire iranien".

REFUS DE TÉHÉRAN DE RÉPONDRE À L’AIEA

Selon des éléments figurant dans le rapport, l’Iran aurait effectué des recherches sur la conversion de dioxyde d’uranium, sur des explosifs surpuissants et sur des missiles à têtes multiples. Le directeur de l’AIEA, Mohamed ElBaradei, a déploré dans son rapport que Téhéran ait refusé de répondre aux demandes d’explication de l’AIEA. Il a déclaré que les éléments en question étaient "un sujet de sérieuse préoccupation", évoquant "une possible dimension militaire".

Dimanche, l’ambassadeur d’Iran à l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a qualifié les éléments en question de "falsifiés" et "sans fondement". Mais l’ambassadeur britannique a déclaré à l’issue de la réunion de lundi : "C’était une présentation plutôt impressionnante." Ce matériel, "de sources multiples", montre "des travaux détaillés sur la conception d’une tête [nucléaire], pour étudier comment la tête fonctionnerait, comment elle serait mise à feu et comment elle pourrait être adaptée à un missile Shahab-3", a poursuivi l’ambassadeur britannique. La méfiance envers l’Iran "est en train de s’approfondir", a-t-il souligné.

De nouvelles sanctions à l’étude

Les six grandes puissances engagées dans les discussions sur le programme nucléaire iranien, qui se sont réunies, lundi 25 février, à Washington, tablent sur l’adoption "prochaine" de nouvelles sanctions contre Téhéran, a indiqué un porte-parole du département d’Etat, Tom Casey.

Les directeurs politiques des ministères des affaires étrangères des membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France) et de l’Allemagne (5 + 1), "ont discuté du dernier rapport de l’AIEA sur les activités nucléaires de l’Iran et des prochaines étapes au Conseil de sécurité de l’ONU", a précisé M. Casey. Les Six veulent forcer l’Iran à arrêter son programme d’enrichissement d’uranium dont ils craignent qu’il puisse servir à des fins militaires, ce que Téhéran dément fermement. – (Avec AFP.)


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