lundi 18 décembre 2017

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ABM américain : 11 minutes pour atteindre Moscou depuis la Pologne (Nezavissimaïa gazeta)

RIA Novosti

mercredi 27 février 2008, sélectionné par Spyworld

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Le déploiement de la troisième zone du système ABM en Europe (en plus de celles du Dakota-du-Nord et de l’Alaska) réalisera un vieux rêve des Américains : ils auront la possibilité d’intercepter des missiles balistiques intercontinentaux russes en phase initiale de leur vol vers la cible, lit-on mercredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Les publications au sujet du système américain de défense antimissile (ABM) en Europe de l’Est ne mentionnent pas le principal élément, le plus vulnérable, de l’ABM : les paires de postes de commandes et de liaison radio des antimissiles et de leurs ogives à guidage indépendant, qui font partie du système secret IFICS (In-Flight Interceptor Communications System).

Deux postes IFICS situés à une grande distance l’un de l’autre sont nécessaires pour assurer le fonctionnement fiable du système de commandes et de la liaison radio dans des conditions météorologiques difficiles (pluie, brouillard, neige, etc.), celles-ci influant d’un millimètre à un centimètre sur la longueur des ondes radio, ainsi que par sécurité, en cas de panne d’un des postes.

Selon les programmes de gestion de l’ABM américain, il faut 7 paires de postes IFICS statiques pour couvrir toutes les zones de défense antimissile déployées sur le territoire des Etats-Unis et d’autres pays.

Le fait que l’existence du système IFICS n’ait jamais été mentionnée au cours de ces dernières années, bien qu’aucun des autres moyens de l’ABM n’assure la possibilité technique de guider précisément les missiles intercepteurs vers leur cible balistique, peut être expliqué par deux raisons. La plus simple est que les Etats-Unis ne veulent pas révéler le pays ni l’emplacement concret des éléments les plus vulnérables de l’ABM. Deuxième raison : s’il n’est pas prévu de déployer les systèmes IFICS en Europe centrale, alors les silos de missiles intercepteurs GBI (Ground based Interceptor) en Pologne ne pourront pas atteindre l’objectif recherché par l’ABM, par conséquent, c’est qu’ils en poursuivent d’autres.

Deux objectifs sont possibles, dont le premier serait d’intercepter et de détruire des appareils spatiaux militaires russes lancés depuis le cosmodrome de Plessetsk situé dans la région d’Arkhangelsk. Il est impossible de trouver pour cela meilleur endroit que le Nord-est de la Pologne. Le deuxième objectif consisterait à détruire des cibles stratégiques sur le territoire de la Fédération de Russie, jusqu’à Novossibirsk.

L’emploi du GBI-3 stage (variante à trois étages du missile intercepteur) serait très dangereux pour la Russie, car il assurerait un temps minimal de vol entre le moment de l’ordre de lancement et la destruction nucléaire de la cible. Le vol du missile GBI depuis le territoire de la Pologne ne prendrait que 11 minutes jusqu’à Moscou, 15 minutes jusqu’à Nijni-Taguil (Oural) et 21 minutes jusqu’à Novossibirsk.

Ni les Etats-Unis, ni leurs alliés ne disposent d’autres vecteurs d’armes nucléaires capables de lancer une attaque préventive de missiles nucléaires en un temps aussi bref.

Auteur : Vladimir Vassiliev, maître de recherche à la chaire de lutte radioélectronique.

Cet article est tiré de la presse et n’a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


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