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La défense civile parent pauvre de la sécurité en France, selon un rapport

AFP

vendredi 29 février 2008, sélectionné par Spyworld

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La défense civile peine à s’imposer en France où l’information de la population, les capacités de gestion de crises ou la préparation aux menaces biologiques, sont "insuffisantes", estime le Haut comité français pour la défense civile (HCFDC) dans un rapport publié jeudi.

Face aux menaces terroristes des armes de destruction massive, aux risques sanitaires (peste aviaire, SRAS ...) et aux catastrophes industrielles, comme celle d’AZF à Toulouse, le HCFDC suggère de lancer "une vraie et claire politique de défense civile et sociétale prise en compte au plus haut niveau de l’Etat".

Né il y a 25 ans, le HCFDC est une association loi 1901 qui propose une réflexion sur la doctrine, l’organisation et les techniques en matière de sécurité globale et de défense civile.

Après un premier Livre blanc - "20 constats et 20 propositions pour la défense civile" - paru en 2003, et l’apparition, depuis cette date, de "nouvelles menaces et de nouveaux risques", le HCFDC publie une actualisation de cet ouvrage, intitulée "Constats et propositions pour une vision globale de la sécurité".

Les auteurs "espèrent" que leurs travaux "serviront" à la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, demandé par Nicolas Sarkozy, et à la rédaction du Livre blanc sur la protection civile, annoncée par Michèle Alliot-Marie.

Dans ce rapport de 100 pages les auteurs (médecins, urgentistes, experts en sécurité, chercheurs ...) remarquent que l’"Etat, face aux crises réellement majeures, ne pourrait prendre aujourd’hui en charge les citoyens sans que ceux-ci soient capables d’assurer eux-mêmes, leur +auto-protection et leur auto-gestion+, ce qu’ils ne sont pas, à ce jour, prêts à faire au sens matériel et psychologique".

Le haut comité cite "quatre dossiers majeurs, pas ou insuffisamment traités pour faire face aux grands risques et menaces auxquels il convient de se préparer".

Ils demandent tout d’abord une meilleure alerte et une information-formation plus complète de la population pour "réagir aux situations de danger et d’exception", notamment en abordant ces sujets au travers de sites dédiés et de campagnes d’information régulières du grand public.

Ils qualifient par ailleurs d’"insuffisantes" les capacités de gestion de crises de l’Etat, suggérant que l’Etat se dote des outils de gestion et de simulation nécessaires.

Si la France possède une législation "très en avance" dans les secteurs d’activités d’importance vitale, comme les transports de passagers ou de produits dangereux, le rapport regrette que des infrastructures, comme les tunnels de TGV, les stocks ou les transports de produits chimiques très nocifs (chlore, phosgène) soient "encore trop vulnérables à des actions terroristes simples".

Le rapport cite par ailleurs la catastrophe du barrage de Malpasset, près de Fréjus (Var) en décembre 1959, où la rupture accidentelle de l’ouvrage avait provoqué la mort de 400 personnes et la destruction d’un millier d’immmeubles, de routes et de voies ferrées. Pour le HCFDC ce type de risque doit être réévalué compte-tenu du vieillissement des ouvrages d’art en béton.

Enfin, le HCFDC qualifie de "très insuffisante", la préparation aux risques NRBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique) susceptibles de faire des milliers de victimes, "faute de moyens et de financement régulier".


HCFDC.org : Télécharger le Rapport Défense Civile 2008 en PDF


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