lundi 23 octobre 2017

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Le chef d’un groupe terroriste arrêté au Maroc aurait été un indicateur des services belges

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

mardi 4 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Abdelkader Belliraj, chef supposé d’un groupe islamiste terroriste, arrêté au Maroc le 18 février avec une trentaine de suspects, était un informateur de la Sûreté de l’Etat, les services belges de renseignement. Le Belgo-Marocain aurait été payé depuis huit années pour renseigner la Sûreté sur des islamistes radicaux en Belgique et à l’étranger. Il a fait des aveux à Rabat, où il aurait notamment admis avoir commis une demi-douzaine d’assassinats à Bruxelles, à la fin des années 1980.

L’information sur ses liens avec la Sûreté belge a été lancée, il y a quelques jours, par un média flamand qui ne citait aucune source. Elle n’a pas été confirmée officiellement, mais a toutefois été jugée suffisamment crédible pour que le ministre de la justice ordonne une enquête.

Diverses sources confirment désormais l’hypothèse selon laquelle Abdelkader Belliraj était un indicateur des services belges, mais soulignent que la Sûreté ignorait sans doute tout des assassinats de personnalités arabes modérées et juives apparemment commis par l’intéressé. Interrogé par la police après ces attentats ciblés, M. Belliraj ne fut d’ailleurs jamais vraiment suspecté.

GUERRE DES POLICES

L’affaire illustre à merveille les lacunes d’une enquête, ainsi qu’une forme habituelle de "guerre des polices". Même après la révélation par les autorités marocaines de l’arrestation de M. Belliraj, la Sûreté aurait continué à affirmer qu’elle ne connaissait pas l’intéressé. Le gouvernement belge a tenté, depuis 2006, de mieux coordonner l’échange d’informations dans le domaine de l’antiterrorisme mais, à plusieurs reprises, le service de renseignement a été pris en défaut. Il se défend en affirmant que ses homologues étrangers refusent que certains détails qu’ils fournissent soient communiqués à des tiers.

Pour l’instant, les diverses autorités belges tentent d’étouffer le scandale en s’interrogeant sur le contenu précis des révélations d’Abdelkader Belliraj et la manière dont elles ont été obtenues. Six policiers sont arrivés à Rabat, lundi 3 mars, pour tenter d’éclaircir certains points.

Le Maroc affirme, de son côté, avoir mis au jour un groupe terroriste de grande importance, qui préparait notamment une tentative de déstabilisation en visant des personnalités de premier plan, dont André Azoulay, proche conseiller du roi Mohammed VI. Des armes auraient été saisies en grande quantité et le groupe aurait blanchi quelque 3 millions d’euros provenant de vols commis en Europe, via des propriétés immobilières et des commerces.

"Le groupe possédait à la fois une entité politique qui tentait d’investir les institutions et une aile militaire chargée de préparer des attentats", affirme l’Esisc, un centre bruxellois d’information sur le terrorisme.


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