mercredi 18 octobre 2017

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Ou l’on reparle du groupe Carlyle…

Guillaume Desmorat, Infoguerre.fr

mardi 4 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Nous parlions il y a peu de l’influence qu’exercent les Etats-Unis sur la construction européenne : l’affaire des pressions sur le gouvernement slovène a suffisamment illustré le dramatique manque d’autonomie des dirigeants des pays membres de l’UE vis-à-vis de la puissance américaine.

Un nouveau fait vient démontrer que les Etats-Unis disposent d’une puissance d’attraction incomparable : en s’attachant les services d’Oliver Sarkozy, le demi-frère de l’actuel président de la République, le groupe Carlyle refait parler de lui. Entièrement formé aux Etats-Unis, cet analyste financier réputé sera le responsable des activités mondiales de services financiers de ce fonds d’investissements à la réputation sulfureuse.

Il ne s’agit pas de critiquer ce fait en soi. Pourtant, la proximité entre Oliver Sarkozy et le président donne une porte largement ouverte au groupe Carlyle parmi les plus hautes sphères du pouvoir français. Connaissant le passé de ce groupe, ne peut-on légitimement se demander si les responsables de Carlyle ne voudront pas profiter de cette cet accès privilégié pour tenter de défendre au mieux leurs intérêts et leurs actions en France ?

Ce fonds d’investissement, gérant 39 milliards de dollars d’actifs en 2006, est le plus important fonds de ce type. Spécialisé dans le rachat à bas prix d’entreprises récemment privatisées puis dans leur revente une fois leur rentabilité assurée, et ce souvent au prix de réformes drastiques, Carlyle s’intéresse particulièrement aux secteurs sensibles de la défense, du spatial ou encore de l’aéronautique. Extrêmement liés au Pentagone et au pouvoir en général aux Etats-Unis, les dirigeants du groupe Carlyle ont développé une stratégie d’acquisition qui leur donne un poids considérable, du fait de l’enjeu technologique que représentent ces entreprises : le rachat de 33,8% des parts de Qinetiq en 2001, une filiale de la DERA qui est un centre de recherche et développement militaire britannique, a fait entrer Carlyle dans les cercles décisionnels militaires britanniques puisque Qinetiq joue le rôle de conseiller technique pour le gouvernement du Royaume-Uni. Cette stratégie d’acquisitions de nombreuses entreprises stratégiques européennes peut apparaître gênante pour l’autonomie européenne dans les domaines stratégiques concernés et, plus largement, pour l’autonomie politique qui en découle.

Cette nouvelle capacité d’accès aux hautes sphères politiques françaises est aussi un élément qui devra être surveillé : le groupe Carlyle possède des moyens de pressions importants, qui pourraient atteindre les circuits de décision français les plus vitaux pour la défense de nos intérêts. La vigilance s’impose…


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