jeudi 19 octobre 2017

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L’espionnage, discipline olympique pour Pékin

Armelle Le Goff, 20 Minutes

mercredi 5 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Harmonie et stabilité. Deux maîtres mots pour le régime chinois, qui, avec la perspective des Jeux olympiques l’été prochain, et l’arrivée à Pékin de plus d’un demi-million de visiteurs et quelque trente mille journalistes étrangers, s’active à faire place nette. Ou plutôt à faire en sorte que ses ressortissants bavards ne croisent pas trop la route des médias occidentaux. En première ligne pour l’opération de grand nettoyage, les services de renseignements.

La Chine, qui compte 1,3 milliard d’habitants et aime faire les choses en grand, a tout prévu, selon Roger Faligot, qui vient de publier Les services secrets chinois ? de Mao aux JO (éd. Nouveau Monde). Rien que pour l’événement, 150.000 à 200.000 personnes seraient déjà sur les dents au sein d’un centre de commandement, doté de 1,3 milliard de dollars. Et, selon ce spécialiste des services secrets, ce ne sont pas moins de « deux millions de Chinois qui travaillent peu ou prou pour le renseignement ». Une force de mobilisation impressionnante.

Mais, pour Jean-Vincent Brisset, spécialiste de la Chine à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), ce chiffre est « un pur fantasme ». Selon le chercheur, les services de renseignements chinois sont nombreux, mais pas aussi formalisés qu’en Europe. « C’est une société où la dénonciation est une valeur », explique-t-il. Tout le monde surveille tout le monde. Et le gouvernement garde tout contrôle. Car, à quelques mois des JO, les périls sont légion aux yeux des autorités.

Elles ont recensé cinq « poisons » susceptibles de lézarder l’image de respectabilité à laquelle elles sont si attachées. Il y a d’abord les mouvements indépendantistes tibétains, puis les islamistes radicaux, les séparatistes taïwanais, les membres de la secte Falun Gong et, bien sûr, les dissidents que Pékin tente d’isoler, notamment grâce à un contrôle étroit d’Internet. En matière de surveillance, et à quelques mois des JO, Pékin est en bonne place pour la médaille d’or.


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