mercredi 18 octobre 2017

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Espionnage : le patron de DCNS pas au courant d’une enquête

Challenges.fr

jeudi 6 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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La société de défense est soupçonnée d’avoir obtenu frauduleusement des documents concernant le secteur de l’armement.

Le P-DG du groupe de construction navale militaire DCNS, Jean-Marie Poimboeuf, a assuré, jeudi 6 mars, n’avoir reçu "aucune information" sur une éventuelle enquête judiciaire visant le groupe pour des faits d’espionnage et corruption. "Je n’ai aucune information sur cette enquête", a-t-il déclaré à l’AFP. "Il semble que cela concerne DCNI, une filiale qui n’est sous tutelle de DCN que depuis juillet 2003", a-t-il ajouté, soulignant qu’avant cette date, elle était du ressort "de l’Etat". DCNI était la branche commerciale de l’ex-DCN (Direction des chantiers navals), notamment en charge de l’exportation.

Une information judiciaire a été ouverte début février sur des actes d’espionnage et de corruption supposés de DCNS, apprenait-on du parquet de Paris le 26 février dernier. Confirmant une information du Monde.

L’enquête est ouverte contre "X" pour "corruption active et passive, abus de biens sociaux, violation du secret de l’instruction, violation du secret de la défense nationale". On prête à l’entreprise d’avoir obtenu frauduleusement des documents de procédures judiciaires liés à l’affaire des frégates de Taïwan ou l’affaire Clearstream, ainsi qu’à l’entourage des magistrats chargés de l’affaire des frégates, Renaud van Ruymbecke en France et Paul Perraudin en Suisse et des personnalités politiques.

Obtenir des documents judiciaires et des informations

L’information judiciaire intervient après qu’une première enquête préliminaire de police a été ouverte il y deux ans, à la suite de la découverte fortuite, lors d’un contrôle fiscal, de documents dans une société de sécurité fondée par d’anciens agents secrets, MJM Partners.

Cette dernière aurait eu recours à divers procédés frauduleux pour obtenir, pour le compte de DCNS, des documents judiciaires, et des informations sur des magistrats, notamment le juge Renaud Van Ruymbeke, et sur des personnalités politiques.

En toile de fond : l’enquête judiciaire sur la vente de 6 frégates militaires, construites par la DCN à Taiwan en 1991, et qui aurait donné lieu au versement de commissions occultes. Bloquée par le secret-défense, l’enquête n’a pas abouti. Quant au volet financier, il fait l’objet d’un arbitrage entre la France et Taïwan.

Egalement évoqué, le dossier Clearstream, une histoire de faux listings de la société financière luxembourgeoise destinés à compromettre entre autres des personnalités du milieu de l’armement.

MJM Partners et Eurolux Gestion

Or, selon le quotidien, la police a mis au jour deux opérations baptisées des noms de code "Bonaparte" et "Lustucru", qui auraient formalisé la recherche d’informations frauduleuse, confiée à MJM Partners et une autre société luxembourgeoise, Eurolux Gestion.

Un agent des services fiscaux, une source dans un cabinet d’avocats et d’autres personnes auraient ainsi fourni informations et documents, moyennant rémunérations. L’héritière de la DCN associe l’Etat à 75% et Thales à 25%.


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